Scouts de Bellefeuille, 38e Bellefeuille, Poste Palladium


Séjour au Honduras, juillet 2001
  
Dorval, 8 juillet, 4h30 a.m. : parents et amis des neufs pionniers de notre poste saluent notre départ avec émotion; notre uniforme ne passe pas inaperçu et on nous interpelle en français, en anglais ou en espagnol. Arrivés à 17h30 à Tegucigalpa, capitale du Honduras, notre guide Martin Couture nous accueille et nous oriente vers la casa Clara Lauzon, chef-lieu de notre séjour.

La deuxième journée est consacrée à la visite de la capitale et des attraits du Mont El Picacho qui surplombe la ville. Trafic incroyable, pollution, promiscuité, contraste de tous les instants entre la pauvreté et la richesse, regards inquisiteurs des Honduriens, voilà nos premières impressions. Pays de montagnes à 80%, le sang indien est évident. Les vendeurs de toutes sortes nous assaillent et de pauvres gens nous quémandent sans cesse.

Les deux jours suivants sont consacrés à la visite de deux centres de jour pour enfants d'âge préscolaire dans des quartiers défavorisés entourant la ville; la pauvreté et l'absence de ressources sont marquantes. Sur place, nous chantons, jouons, aidons aux repas, peignons des murales et nettoyons la cour. Nous surmontons notre inconfort et notre gêne pour retenir le visage souriant de ces enfants aux pieds nus qui, sans ces centres, seraient laissés à eux-mêmes pendant que leurs parents, souvent des femmes seules, sont parties travailler.

Les trois journées suivantes se passent à Pueblo Nuevo, village agricole, au bout d'un long chemin de terre à près de 1800 mètres d'altitude. Le choc est grand; pas d'électricité, d'eau courante, de commerce. Les maisons sont de terre et de ciment. Visite d'une école primaire où 300 enfants se partagent quelques dizaines de bouquins. On s'installe dans nos familles d'accueil; fèves et tortillas sont au menu trois fois par jour. La nuit plonge dès 19h00. On se couche tôt cependant, notre insécurité et les animaux de ferme errants sont cause d'insomnie. Dès 5h00 a.m., certaines partagent le rituel de la cuisson des tortillas et d'autres découvrent le village en se baladant dans les sentiers. Nous nous rendons dans l'école secondaire où dix des soixante-dix étudiants font partie d'une troupe de danse folklorique. Tour à tour, nous présentons certaines danses de nos pays respectifs et chaque groupe fait participer l'autre. Jeux, dégustation de sirop d'érable, remise de jouets et d'articles scolaires viennent clore cette merveilleuse rencontre. Puis, nous allons nous baigner dans une rivière et nettoyons l'église du village. Le lendemain, ceux que la turista n'a pas trop affecté travaillent à la boulangerie coopérative et /ou font une randonnnée en montagne avec exploration d'une grotte de plus de soixante-dix pieds de profondeur.

Déjà le 15 juillet nous revenons à la capitale. À peine le temps de défaire nos bagages, on se rend dans un village d'artisanat acheter quelques souvenirs. C'est ainsi que se termine la première phase de notre voyage. Dès demain, c'est le départ pour le Nicaragua pour le volet plus culturel/touristique.

Les transferts d'autobus se multiplient : les vendeurs de tout et de rien nous abordent et des dizaines de mains demandent la charité tout au long du voyage. Les Nicaraguayens sont plus jovials et il y a moins de pollution bien que le pays soit aussi pauvre. Nous arrivons au village de Ranchera au pied du volcan San Cristobal que nous souhaitons escalader. Nous sommes le centre d'attraction; on observe nos moindres gestes. Nous logeons dans un bâtiment plutôt insalubre et, déception, nous apprenons que nous ne pourrons pas nous rendre au sommet du volcan tel que prévu. En effet, les chevaux qui nous étaient destinés sont réquisitionnés par les fermiers car la pluie des derniers jours permet l'ensemencement du maïs et ainsi, éviter la famine.

Les deux jours suivants, nous sommes au bord du Pacifique à se baigner et certains visitent Léon, siège de la révolution sandiniste des années 1970. Pour clore le séjour, nous soupons sur la plage, faisons un retour sur l'entreprise, notre saison et nos défis individuels. Il y a remise des cuirs de progression et d'un foulard honorifique à notre guide Martin qui incarne si bien les valeurs scoutes par sa générosité de cœur.

Le retour à Tegucigalpa est long; la turista en a affaibli plusieurs. On sent la fin approcher; nostalgie, fatigue tant physique que psychologique, la vie de groupe si intense se fait lourde. Des émotions, des images et des visages envahissent notre esprit. Le lendemain nous surmontons ce vague à l'âme et nous peignons une murale-souvenir sur les murs de la casa Clara Lauzon; puis, nous allons rencontrer un groupe de scouts honduriens. Moments magiques, échange d'informations et de badges, jeux, bans et notre fameuse dégustation de sirop d'érable. En soirée, nous concluons avec un bon repas et nos bilans respectifs puis, c'est la préparation des bagages pour le retour. La nuit fut courte et les adieux chaleureux. Il y a quelques larmes et arrivée surprise à l'aéroport de quelques scouts qui nous remettent des souvenirs; puis, c'est l'envol.. Parents et amis nous accueillent dans l'allégresse.
Notre thème de camp " Honduras un jour et pour toujours " reflète bien notre état d'esprit. Nos objectifs sont atteints; il y a eu immersion culturelle, sensibilisation aux besoins du Tiers-Monde, prise de conscience de notre richesse et vécu intensif de la Loi scoute. De plus, tous ont hâte au " fêté " et à la reprise des activités du poste en septembre.