Stage au Honduras dans le domaine de la santé

du 7 mai au 25 juin 2001
Amélie Fradet

Groupe ¡Salud Honduras!





Depuis que je suis toute petite, ma mère fait beaucoup de bénévolat au sein de différents organismes de coopération et d'éducation à la solidarité internationale. Elle est très sensible à la situation de ceux qui vivent dans les pays en développement et s'efforce de sensibiliser les gens de son entourage, de même que la communauté québécoise, à travers son implication dans différents organismes. Son intérêt m'a été transmis et le désir de participer à un projet d'aide humanitaire a grandi en moi. Je voulais relever ce défi et me plonger dans la réalité de ces pays, si différente de la nôtre.

À cause d'un changement de programme, j'ai terminé mon DEC après cinq sessions. J'avais donc une session de libre avant de commencer l'université. L'occasion se présentait enfin à moi de réaliser mon rêve d'expérience d'aide humanitaire. Après plusieurs mois de recherches et de démarches, j'ai finalement trouvé un projet qui me semblait intéressant. Il s'agissait d'aller travailler dans un centre pour enfants atteints de paralysie cérébrale au Guatemala. Je me suis donc lancée tête première vers ce centre où j'allais être la première volontaire.

Malheureusement, ce projet ne s'est pas avéré un succès. Le centre fonctionnait très bien avec des employés déjà présents depuis longtemps. Ces derniers étaient par ailleurs plutôt froids avec moi, ne comprenant pas ce que je venais faire en cet endroit ( la directrice ne les ayant pas avertis de mon arrivée et ne m'ayant pas présentée ). J'ai donc essayé pendant une dure semaine de me sentir bien et utile, de me trouver une tâche à faire qui les aiderait (car ils m'ont jamais dit ce qu'ils attendaient de moi). Il faut dire aussi que mon espagnol à ce moment-là était presque au niveau zéro, alors il m'était d'autant plus difficile d'entrer en contact avec le personnel qui n'était pas très accueillant à priori. Je n'arrivais pas non plus à saisir ce que les enfants me disaient, ni à me faire comprendre. Je ne me sentais vraiment pas à ma place en cet endroit, ni la bienvenue. Et la même situation s'est produite avec une autre volontaire québécoise qui n'est restée qu'une semaine elle aussi. J'ai donc décidé d'aller suivre des cours d'espagnol afin d'être capable d'entrer en contact avec les gens. Une fois que j'ai eu acquis un niveau d'espagnol fonctionnel, j'ai voulu me trouver sur place un autre projet, mais il ne me restait pas assez de temps avant mon retour pour être utile à quelque part.

Mon rêve de réaliser un projet d'aide humanitaire n'a donc pas pu être accompli cette fois-là. J'ai tout de même vécu une très belle expérience. J'ai découvert le pays, les Guatémaltèques, leur culture. J'ai appris l'espagnol et fait des rencontres très intéressantes. Toutefois, je n'ai pas pu m'impliquer dans un projet qui me tenait à cœur et où j'aurais pu être utile, aider un peu à quelque chose. Ceci a été une grosse déception pour moi. Avec le recul, je réalise que si j'avais eu une formation pré-départ me donnant quelques trucs pour affronter ce genre de situation et que si j'avais eu un meilleur espagnol, peut-être que j'aurais trouvé l'expérience moins difficile et peut-être aurais-je réussi à me créer une place et à m'intégrer dans ce centre .

J'avais donc toujours ce fort désir de participer à une expérience d'aide humanitaire, mais dans un projet plus encadré, plus structuré.


I. Objectifs du stage

Suite à l'expérience antérieure, j'avais évidemment comme objectif de réaliser un projet d'aide humanitaire jusqu'au bout , et avec comme bagages, une formation adéquate et un espagnol fonctionnel. Plus concrètement, voici quels étaient mes objectifs :

" organiser un projet du début à la fin, en groupe : trouver les contacts, décider du type d'implication, organiser les modalités de transport, d'assurances, gérer un budget, faire une campagne de financement…;
" m'assurer d'avoir une formation adéquate en préparation au départ;
" maîtriser la langue du pays, soit l'espagnol;
" m'ouvrir sur le monde, découvrir une autre culture et m'y adapter de même que bien m'intégrer à la vie hondurienne, grâce aux liens tissés avec les familles et la communauté.
" me sensibiliser aux réalités socio-économiques du pays et aux conséquences des nombreux désastres naturels;
" comme étudiante en médecine, offrir des soins médicaux de base et des conseils d'hygiène et de prévention, tout en me familiarisant avec la réalité socio-sanitaire et médicale du pays;
" me rendre utile le plus possible, là où il y a des besoins;
" apprendre à travailler et à vivre en groupe;
" apprendre à travailler avec des gens de culture et de mentalité différentes dans un contexte différent de celui de mon pays;
" développer davantage des valeurs telles que l'ouverture d'esprit, le respect, la solidarité, l'autonomie et le dépassement;
" sensibiliser mon entourage au retour.

Les peuples d'Amérique latine sont reconnus pour leur grande générosité, leur chaleur et leur capacité à garder le sourire malgré tous les obstacles et toute la misère auxquels ils sont confrontés. Déjà, avant de partir, j'étais consciente qu'en bout de ligne, ce serait à nous que l'expérience serait la plus profitable. Bien sûr, nous voulions aller les aider dans différents petits projets et échanger avec eux. Mais nous étions tous conscients que ces gens avaient énormément à nous apprendre et que cette expérience en serait une de réflexion et d'épanouissement personnel. Effectivement, l'apprentissage que j'y ai fait me suivra toute ma vie et m'aidera, tant dans ma vie personnelle que dans ma pratique médicale.


II. Préalables au stage

Comme je l'ai mentionné précédemment, l'idée de faire un stage en pays en voie de développement germait en moi depuis longtemps. Et depuis mon entrée en médecine, je caressais l'idée de faire ce stage dans le domaine de la santé afin d'en retirer des apprentissages intéressants pour ma pratique future.
En discutant avec des amis également étudiants en médecine, nous avons réalisé que plusieurs partageaient ce même rêve de projet humanitaire. Neuf d'entre nous avons décidé que nous voulions partir ensemble à l'été 2001 pour environ 2 mois dans un pays d'Amérique latine. Nous avions ciblé l'Amérique latine, car quelques-uns voulaient revivre la chaleur de la culture latine et la faire découvrir aux autres et de plus, nous voulions parler espagnol.

À la session d'hiver 2000, nous nous sommes mis à la recherche d'un projet correspondant à nos besoins. Nous avons chacun utilisé nos contacts et ressources à cette fin. Anne-Marie a finalement déniché l'organisme Mer et Monde de Montréal, qui répondait parfaitement à nos attentes.

Mer et Monde est un organisme à but non lucratif qui se veut un lien entre le Nord et le Sud, afin de donner l'occasion aux gens de vivre une expérience enrichissante d'ouverture sur le monde par une rencontre interculturelle, soit en Amérique centrale (Honduras), soit en Afrique ( Sénégal, Mali, Guinée). Cette société possède une maison-mère au Honduras, à Tegucigalpa, la capitale. Un couple de Québécois ( Sally et Martin Couture) y vit depuis le mois de mai 2000, avec leurs trois jeunes garçons. Ils travaillent à développer différents contacts sur place, afin d'être en mesure d'accueillir plusieurs volontaires désireux de s'impliquer dans différents projets. Ils font aussi des démarches pour répondre aux objectifs spécifiques de chaque groupe de volontaires. De plus, ce sont eux qui accueillent les volontaires et les guident à travers leur expérience. C'est donc Martin qui s'est occupé de trouver les personnes-ressources et les activités qui répondraient bien aux objectifs plus spécifiques d'un groupe d'étudiants en médecine voulant œuvrer le plus possible dans le domaine de la santé.

De plus, Mer et Monde nous a proposé une formation adaptée, d'environ 45 heures, pour nous donner les outils nécessaires à une bonne adaptation et implication. Nous avons donc eu 4 fins de semaine de formation de même que 2 soirées. Au cours de ces formations , nous avons abordé différents thèmes : les informations générales sur le Honduras, la préparation pratique au voyage (vaccins, passeport, argent, sécurité, etc.), le financement, la détermination de nos objectifs, la politique étrangère canadienne, la coopération internationale, la mondialisation, l'ouragan Mitch et ses conséquences, la pauvreté au Honduras, la santé des enfants et le phénomène des enfants de la rue, la santé des femmes, l'économie, le gouvernement et le système de santé du Honduras, le FMI et l'endettement des pays, des conseils pour l'approche des gens, les regroupements au Honduras dédiés à l'éducation, des conseils pour les bagages, des textes médicaux spécifiques à la situation du Honduras. La grande majorité des thèmes s'est avérée très intéressante et nous a bien préparés à notre projet.

Nous avons aussi dû organiser le financement de notre projet. Cette portion de notre préparation nous a pris beaucoup de temps. Tellement de temps, qu'à l'hiver, on s'est concentré presque exclusivement là-dessus, en laissant de côté les autres préparatifs du voyage. On a mis énormément d'effort et de temps sur le financement et finalement, nous avons réussi à financer notre stage en entier. La majorité du budget est venue de deux bourses principales : le Bureau international de l'Université Laval et l'OQAJ. Le reste de l'argent recueilli venait des donations des gens et de différentes compagnies, de même que de quelques activités de financement (lave-autos, vente de suçons, soirées de quilles). Ce fut donc une période épuisante qui a soulevé beaucoup de discussions au sein du groupe, car tous n'avaient pas la même vision et les mêmes objectifs de financement. Mais une fois notre objectif de financement atteint et même dépassé, nous étions fiers de voir que nos efforts avaient été récompensés.

III. Contexte général du stage

A) Le pays

Le Honduras est un pays situé au milieu de l'Amérique centrale. Il est entouré du Guatemala à l'ouest, du Salvador au sud-ouest et du Nicaragua au sud-est. Au nord, il est bordé de la mer des Caraïbes sur 66 km de littoral tandis qu'au sud, ses 124 km de côte sont baignées par l'océan Pacifique. Il s'agit en fait du golfe de Fonseca, une baie peu profonde que partagent le Honduras, le Salvador et le Nicaragua. Au nord, au large de la côte caraïbe, se trouve un petit groupe d'îles : les Islas de la Bahìa.
La superficie du Honduras est de 122 088 km2, ce qui en fait le deuxième plus gros pays d'Amérique centrale, après le Nicaragua. En 2000, sa population était estimée à 6,2 millions d'habitants. Un peu moins de la moitié de cette population vit en milieu urbain.

Le Honduras est un pays très montagneux : 63% du territoire est recouvert de montagnes avec une altitude moyenne de 1000 m. Le sixième des terres sont arables et un peu plus du quart sont boisées.
Une addition de relief montagneux et de réseau routier sous-développé dans de nombreuses portions du pays contribue à accentuer l'isolement de quelques régions, ce qui freine leur développement social et économique.

Le climat est de type tropical. On retrouve une succession de saisons sèches et pluvieuses. Le sud et les régions montagneuses jouissent de températures plutôt agréables toute l'année tandis que le nord est beaucoup plus chaud et humide. On remarque au Honduras une grande diversité de végétations. Aux environs de Tegucigalpa, on retrouve une végétation un peu moins dense, plus sèche et composée de nombreux pins. À peine 200 km plus loin, on se retrouve dans le nord du pays avec une forêt de type tropicale, verdoyante avec ses palmiers. C'est impressionnant à voir. Nous avons aussi remarqué que lorsque la saison des pluies commence aux environs de Tegucigalpa, elle se termine sur la côte caraïbe.
Du point de vue sociétal, plusieurs races composent la population hondurienne. La majorité ( environ 88%) sont des mestizos, c'est-à-dire d'origine mixte : espagnole et amérindienne. L'autre 12% est composé majoritairement des différents groupes d'Amérindiens (ou indigènes), mais aussi de purs descendants des Européens, d'individus d'origine moyen-orientale et d'un petit nombre de Chinois. Il ne faut pas oublier de mentionner les deux peuples noirs du Honduras. Les Garifunas sur la côte caraïbe qui ont gardé leur langue et leur culture ainsi que les " Noirs anglophones " qui sont concentrés sur les Islas de la Bahìa et qui sont des descendants d'esclaves.

Parlons maintenant un peu d'histoire. En effet, l'histoire moderne du Honduras nous aide à comprendre la culture de ce peuple qui m'a tant étonné tout au long de mon stage. J'en reparlerai plus tard. Commençons d'abord par relater certains faits qui nous aideront à mieux comprendre leur culture.
Au cours d'une bonne partie du XXe siècle, le Honduras a connu une alternance de gouvernements militaires et civils. Il y eut de même quelques coups d'état. Toutefois, des remaniements apportés au code du travail et une réforme agraire progressive commencée dans les années 50 ont, petit à petit, fait diminuer les tensions sociales. Ces changements ont, semble-t-il, beaucoup contribué à cette paix relative dont jouissait le Honduras, surtout de la fin des années 70 au milieu des années 80. Le Honduras a donc joui d'un climat politique plutôt paisible surtout si on le compare au Salvador, au Nicaragua et au Guatemala qui ont été pris par la guerre civile dans les années 70-80.

Malgré cette non-violence politique, le Honduras a dû jouer contre son gré un rôle périphérique dans les différents conflits de ses voisins, et ce , par la faute des États-Unis. En effet, voici quelques événements qui illustrent cette affirmation :
" En 1954,(…) un détachement d'officiers armés guatémaltèques de droite sous la tutelle des États-Unis se servit d'une partie du territoire hondurien pour lancer un assaut destiné à mettre fin au bref régime démocratique de neuf ans qu'avait connu le Guatemala. Puis, au début des années quatre-vingt, des contras opposés au gouvernement sandiniste de gauche du Nicaragua et appuyés une fois de plus par les Américains se dotèrent de bases à l'intérieur des frontières honduriennes, délogeant par le fait même des milliers de paysans honduriens. Pendant plusieurs années, une bonne partie des régions frontalières demeurèrent interdites aux simples civils. Au cours de cette même période, les États-Unis en ont profité pour accentuer leur présence militaire au Honduras, surtout autour de l'importante base aérienne de Palmerola, dans le centre du pays. Les États-Unis ont également créé des bases d'entraînement en sol hondurien pour des troupes salvadoriennes aux prises avec un soulèvement de la gauche dans leur pays. " .
Les États-Unis ont donc forcé les Honduriens à participer à ces conflits. Toutefois, les États-Unis n'eurent aucun problème à s'attirer l'appui de certains politiciens et de certains officiers de l'armée hondurienne, car ces derniers y voyaient bien sûr une façon facile de s'assurer d'importants appuis financiers du gouvernement américain. Et du fait de cette participation involontaire du Honduras, le Nicaragua, le Guatemala et le Salvador n'éprouvent ni respect, ni amitié envers leur voisin. Le peuple hondurien lui-même n'est pas trop fier et éprouve de la hargne envers ces Américains qui les ont soumis. Ce peuple n'est aussi pas très fier de ne pas avoir eu sa propre guerre civile, de ne pas s'être révolté et d'être resté encore une fois soumis.

Du côté politique, on peut dire qu'il y a deux grands partis politiques au Honduras : le Parti National de droite et le Parti libéral de centre-droite. Depuis 1997, c'est le libéral Carlos Flores qui est le président hondurien.

Le Honduras est un pays très pauvre. Le PIB (produit intérieur brut) était évalué à 2 220$ par habitant en l'an 2000. Le pilier de l'économie hondurienne est l'agriculture. Ce secteur emploie un peu plus de la moitié de la population active. Les deux principales exportations sont le café et les bananes. La majorité des plantations de bananes appartiennent à deux grosses compagnies américaines : " Chiquita Brands "
( autrefois l'United Fruit) et " Dole " ( autrefois la Standard Fruit). Ces plantations sont situées dans le nord du pays, près de la côte caraïbe. Elles cultivent maintenant aussi d'autres fruits, tels les ananas.
L'industrie du café est aussi très importante et le Honduras est reconnu pour la qualité de son grain. Contrairement aux bananes, une grande partie du café est cultivé sur de petites plantations et non par seulement quelques riches familles.

Les autres productions principales sont l'huile de palme, la canne à sucre, le maïs, les haricots secs et le riz. De plus, il faut mentionner deux autres ressources importantes qui sont le bois d'œuvre et l'élevage des crevettes dans le golfe de Fonseca.

En dehors de ces ressources naturelles, l'économie du Honduras a ouvert d'autres avenues. Il y a le tourisme qui commence à se développer tranquillement et l'industrie, principalement dans la région de San Pedro Sula. On ne peut pas parler d'économie sans parler des maquilas. Ce sont des usines qui engagent principalement des femmes et qui sont installées dans des " zones franches ". Les industries dans ces zones ne sont pas couvertes par les législations nationales du travail. Les droits syndicaux de même que les droits élémentaires n'y sont pas respectés. Les femmes y travaillent donc dans des conditions épouvantables, avec un très pauvre salaire et ne peuvent se créer un syndicat pour défendre leurs droits. Il en existe malheureusement plusieurs au Honduras.

On ne peut parler du Honduras sans parler de l'ouragan Mitch qui frappa le Honduras le 30 octobre 1998. Des pluies torrentielles ont causé d'innombrables dégâts et ont porté un dur coup à l'économie. Le pays s'en remet difficilement.

B) La ville et le village

La majorité de mon stage s'est déroulée à Tegucigalpa, la capitale du Honduras. Cette ville est située dans le centre-sud du pays et compte environ 1 000 000 d'habitants. Elle siège en plein cœur des montagnes, avec de nombreux quartiers pauvres (barrios) installés sur les flancs de ces dernières. Comme bien des villes d'Amérique latine, il y a contraste frappant entre les quelques quartiers riches de la ville et les barrios où vit la majorité de la population, souvent sans électricité ni eau courante.

C'est une ville très bruyante et fourmillante. Les mercados (marchés) et le parque central sont deux endroits particulièrement animés le jour. La population s'y regroupe pour vendre des produits ou faire des achats ou tout simplement pour discuter avec amis et famille. Le soir, par contre, la ville devient morte. Dès la tombée de la nuit, les gens rentrent chez-eux et ne ressortent pas avant le lendemain matin. Ils ont peur. Tout est d'ailleurs entouré de barbelés pour se protéger des voleurs. Il y a tout de même quelques boîtes de nuit où les jeunes mieux nantis se retrouvent le soir pour danser et faire la fête.

On trouve de tout à " Tegus ", comme la surnomme ses habitants. Presque tous les magasins et services auxquels on peut penser s'y retrouvent, mais peut-être un peu moins bien organisés et diversifiés. Et ces derniers sont bien sûr accessibles pour les plus riches de ce pays. Il y a aussi beaucoup de circulation à Tegucigalpa. Beaucoup de voitures, d' autobus et de taxis se promènent dans la ville, de façon très désorganisée. Il n'y a en effet pas vraiment de règlement dirigeant les conducteurs. Il n'y a pas vraiment de limite de vitesse et il n'y a presque pas de feux de circulation dans cette ville, qui est pourtant la capitale. En fait, j'ai dû en compter trois en tout. Ça fait donc un trafic plutôt désordonné. Et, comme je l'avais mentionné, c'est une ville très bruyante, avec le ronronnement des voitures aux silencieux défectueux, le son des klaxons très souvent enfoncés et les cris des gens dans la rue qui se parlent ou essaient de vendre de menus objets très diversifiés.

Du point de vue urbanistique, le centre-ville est assez bien structuré de même que les grands axes (boulevards) et les quartiers commerciaux ou résidentiels plus aisés. Il y a des rues asphaltées et des bâtiments bien construits, suivant une certaine organisation de l'espace. Toutefois, dès qu'on s'éloigne un peu en périphérie, on remarque que le tissu urbain n'est plus planifié. Dans les montagnes autour, ce sont les barrios. Les gens sont souvent venus des campagnes pour s'installer en ville avec l'espoir d'y trouver du travail ou au moins pouvoir vendre des pacotilles ou encore de la nourriture dans la rue. Les gens s'y sont donc construit des maisons un peu n'importe où et n'importe comment, avec ce qu'ils pouvaient s'offrir ou ce qu'ils avaient trouvé. Et tout est désordonné, sans rues asphaltées et souvent sans électricité. Et comme je le disais, la majorité de la population dans ces quartiers n'a pas l'eau courante.

Une autre chose qui m'a beaucoup frappée est de voir à quel point la ville est sale. Il y a des déchets partout. Seuls les quartiers riches ont un service de cueillette des ordures. Alors partout ailleurs, on retrouve des amoncellements de déchets, que parfois certains font brûler. La rivière qui sépare la capitale en deux gros quartiers- Tegucigalpa et Comayaguela- est elle aussi très polluée et malodorante.
Un autre problème souvent présent dans les quartiers plus pauvres est l'absence de services sanitaires. Toutefois, il se fait présentement au Honduras une grosse campagne pour que toutes les familles aient des latrines et les utilisent adéquatement. Il faut sensibiliser les Honduriens de ces quartiers sous-développés à utiliser les latrines plutôt que l'environnement et aussi à ce qu'ils les gardent propres. Il y a encore beaucoup d'éducation à faire de ce côté-là.

Tegus est desservie par un bon service d'autobus, plutôt en piteux état, mais toujours fonctionnels. Ces derniers nous permettent de nous rendre dans tous les coins de la ville. Il y aussi des lignes qui relient la capitale aux autres villes du pays. De même, il y a un nombre impressionnant de taxis pour nous mener à bon port, si on ne trouve pas l'autobus qui nous convient ou si le service est arrêté.

J'ai aussi passé cinq jours du stage à Pueblo Nuevo, petit village en plein cœur des montagnes, à environ deux heures d'autobus de Tegucigalpa. Un autobus fait le trajet Tegus-Pueblo , un autre fait le trajet inverse et ce, à chaque jour.

Pueblo Nuevo est un superbe village en pleine nature avec ses maisons typiques de la campagne hondurienne. Les murs, fabriqués de terre, de paille et d'eau, sont blanchis, le sol est en terre battue. La cuisine est également blanchie à la chaux et comporte un petit four à bois pour cuire les aliments. Il n'y a pas d'électricité dans le village, sauf chez une dame qui possède une génératrice pour éclairer sa pulperia (petit dépanneur) le soir. Il n'y a pas d'eau courante non plus. C'est un système d'aqueducs qui vient remplir les pillas, grands bassins d'eau où les gens font leur lessive, la vaisselle et y prennent l'eau pour boire.

Dans ce village d'environ 2 000 habitants dispersés dans les montagnes, on retrouve un collège, un " kinder " ( l'équivalent de la garderie et maternelle) et un centre de santé qui compte seulement une infirmière et très peu de médicaments. Il n'y a pas de médecin. Il y a aussi une boulangerie communautaire chapeautée par Mer et Monde. Quelques femmes y font donc du pain 2 fois par semaine et ces pains sont achetés par Koinonia ( organisme local affilié à Mer et Monde) pour nourrir les enfants de leurs garderies. On retrouve aussi quelques pulperias dans le village.

La majorité des hommes travaillent dans les plantations (bananes, plantains, maïs, café) tout autour du village, souvent très éloignées de celui-ci. Les femmes restent à la maison et s'occupent des enfants. Souvent ces femmes doivent vivre sans l'aide du père de leurs enfants, car celui-ci disparaît souvent après leur avoir fait un enfant, comme c'est le cas un peu partout au Honduras. Il y a tout de même quelques familles unies. La majorité des femmes n'ont aucune éducation, sauf trois parmi elles. Une est infirmière, l'autre est professeure et la dernière tient un centre de planification familiale. Et la majorité des habitants de Pueblo Nuevo ne sont jamais sortis du village. Ils ne connaissent pas le reste du pays et encore moins le reste du monde.

C) Les organismes et les établissements

Notre stage s'est déroulé dans différents établissements et chacun des membres de notre groupe a fait des choses différentes. Je vais donc parlé de ce que moi j'ai fait.

Nous sommes donc partis sous la supervision de Mer et Monde, une ONG de Montréal, qui possède une maison-mère à Tegucigalpa. J'en ai déjà parlé précédemment. Cette ONG travaille conjointement avec deux principaux organismes au Honduras : Koinonia et Agapè.

Koinonia est un organisme local fondé par un prêtre espagnol. Il est composé de 5 principaux responsables. Le Padre Edouardo ( un Espagnol) semble le grand boss. Rosario est la directrice, Angela supervise les employés des garderies, Don Augustino est " l'homme à tout faire " et la Doctora Maria Margarita travaille pour Koinonia tous les après-midi. Cet organisme s'occupe de cinq garderies pour les enfants de 0 à 12 ans. Ces garderies sont situées dans cinq barrios très pauvres de la ville. Le but de ces garderies est de s'occuper des enfants tandis que les mères travaillent, leur donner au moins deux repas équilibrés par jour pour aider à contrer la malnutrition et faire des activités éducatives et de loisir avec eux. En effet, dans ces quartiers, les mères sans maris doivent travailler pour faire vivre leur famille et elles ont l'habitude d'enfermer leurs enfants soit à l'intérieur des maisons, soit à l'extérieur pendant qu'elles vont travailler. Les garderies s'occupent donc de ces enfants durant la journée. De plus, comme je l'avais mentionné précédemment, Koinonia s'occupe de la boulangerie communautaire à Pueblo Nuevo.

Agapè est dirigé par le Padre Edouardo. Cet organisme se donne pour mission d'aider les jeunes de la rue. Il y a donc un établissement au centre-ville où les jeunes viennent durant le jour. Au cours de cette journée, les jeunes ne doivent pas prendre de la colle. Ils peuvent se laver, laver leur linge, manger un bon repas, jouer à des jeux et il y a des animateurs pour s'occuper d'eux. De plus, ils reçoivent un petit salaire quand ils y passent la journée sans prendre de colle (résistol). Il y a des animateurs d'Agapaix (employés et bénévoles) qui vont dans les rues pour y rencontrer les jeunes et les convaincre de venir au centre. Agapaix a aussi élaboré un projet de reforestation (pépinière) dans un petit village tout près de Tegucigalpa, pour occuper quelques-uns de ces enfants de la rue.

Un autre endroit où j'ai donné un peu de mon temps est la clinique de la Doctora Maria Margarita, la clinica Maria Auxiliadora. Cette clinique est située dans un barrio pauvre de Tegucigalpa et elle existe grâce à des donations de fondations espagnoles. La clinique est ouverte tous les matins et la consultation coûte 20 lempiras (2$). La Doctora est un médecin de famille. L'après-midi, une fois qu'elle a vu tous les patients à sa clinique, la Doctora prend l'autobus pour aller dans une des 5 garderies de Koinonia, afin d'y soigner les enfants. De plus, tous les jeudis après-midi, elle va à Agapaix pour s'occuper des jeunes de la rue. Elle nettoie les plaies, distribue des médicaments, fait des bandages pour les nombreuses fractures et entorses, etc.

J'ai aussi passé du temps dans une autre clinique de la capitale où travaille un couple de médecins d'origine espagnole: Dr Merche Velilla et Dr Luis Velilla. Leur travail est financé par une fondation espagnole. Dr Merche est omnipraticienne et Dr Luis est gynécologue. Tous les mardis et jeudis, Dr Luis se rend à Lepaterique, un village à une heure de voiture de Tegucigalpa, pour y faire des consultations en gynécologie. Il projette d'y construire un centre mère-enfant.

Le dernier endroit que j'ai fréquenté est la Casa Zulema , une maison pour sidatiques fondée par un autre prêtre espagnol, le Padre Ramón Martínez. Cette maison accueille gratuitement les enfants séropositifs et les adultes sidatiques. Ils y sont bien nourris et logés dans une superbe maison située dans la nature. Une infirmière s'occupe d'eux. Ils n'ont malheureusement accès à aucun médicament de ceux qui sont disponibles ici pour ralentir la progression de la maladie. Seuls les très riches ont la chance d'avoir ce traitement en se rendant aux États-Unis. La maison, lors de mon séjour, recevait 5 adultes, dont un en phase terminale, et 5 enfants ( 4 filles entre 3 et 6 ans et un bébé de 7 mois). Lorsque nous avons quitté le Honduras, le Padre Martínez essayait de trouver des familles d'accueil pour les enfants, car il veut réorienter la vocation de la maison et accueillir uniquement des adultes. Il existe déjà aux environs de la capitale un centre très bien qui accueille les enfants séropositifs.

C'est donc dans ces différents milieux que j'ai donné de mon temps, aidé le plus possible pour plein de petites choses, rencontré des personnes extrêmement intéressantes et appris énormément.


IV. Situation sanitaire de la population

Le Honduras est un pays très pauvre, où prévalent de mauvaises conditions sanitaires. Une bonne partie de la population n'a pas accès à des services de santé adéquats ou n'y a tout simplement pas accès. Tous les indicateurs démographiques et les données concernant l'état de santé des Honduriens et les services auxquels ils ont accès sont présentés en annexe, sous forme de tableaux.

Un des problèmes critiques au Honduras est l'accès aux médicaments. Ils coûtent trop chers pour que les Honduriens puissent se les payer. Il y a toutefois certaines organisations qui tentent d'améliorer la disponibilité des médicaments de base et d'augmenter le nombre de personnes pouvant en profiter. Il y a aussi des programmes standardisés de prévention, traitement et contrôle de la tuberculose, des MTS, de la malaria, du choléra, de la diarrhée et des infections respiratoires aiguës.

Au Honduras, les services de santé sont divisés en secteur public et secteur privé. Dans le secteur public, on retrouve surtout des CESAR ( centre de santé rural qui n'a pas de médecin, seulement une infirmière) et des CESAMO ( centre de santé avec médecin). Ces centres de santé du secteur public sont situés surtout dans les campagnes, dans des villages. Mais beaucoup de villages n'ont aucun centre de santé et les habitants doivent marcher quelques fois des heures avant d'avoir accès à un service de santé. Dans les villes, il y a des hôpitaux locaux, régionaux, national et universitaire. Puis, il y a toutes les cliniques et hôpitaux privés pour ceux qui peuvent débourser des frais élevés. Et je crois que les hôpitaux de l'armée et ceux des plantations de bananes ( Dole et Chiquita) doivent être parmi les mieux équipés. Nous avons d'ailleurs visité l'hôpital de la compagnie Dole qui est très propre, bien organisé, possède de bons médecins, des médicaments en quantités suffisantes, une salle d'opération et de nombreux outils diagnostiques technologiques tels que des ECG. Ils ont même accès à un TDM!!! Ça donne une belle image de leur compagnie au monde…

Les cliniques dans lesquelles nous avons travaillé principalement ( celle de la Doctora Maria Margarita et celle des médecins espagnols) sont des CESAMO situés dans la capitale. Ells desservent les gens du quartier. Il n'y a pas de prise de rendez-vous. C'est premier arrivé, premier servi. La majorité des patients repartent avec des médicaments qui leur ont été donnés ou des conseils de nutrition pour les enfants souffrant de malnutrition ou encore de régime et d'exercice pour les adultes souffrant d'hypertension. Un problème majeur est le traitement des maladies chroniques, car les gens non pas les ressources de s'offrir une médication continue pour traiter, par exemple, leur hypertension ou leur diabète.

La clinique où travaille le Dr luis Velilla dans le petit village Lepaterique est aussi un CESAMO. Toutefois, ce CESAMO dessert une plus grande superficie. Autour de Lepaterique, il y a plein de petits villages très pauvres dispersés dans les montagnes et leurs habitants marchent parfois plusieurs heures pour venir en consultation.

Le dispensaire à Pueblo Nuevo est un CESAR, car seule une infirmière y travaille. Et ce CESAR dessert aussi une très grande superficie. L'infirmière doit d'ailleurs périodiquement se rendre à cheval dans les villages éloignés afin de poursuivre la campagne de vaccination contre la rougeole. L'infirmière a très peu de connaissance pour diagnostiquer et traiter les gens et de plus , elle n'a pas beaucoup de moyens, ni de médicaments.

Les principaux problèmes de santé des Honduriens sont les infections respiratoires aiguës, les maladies gastro-intestinales (diarrhée, choléra), la malaria, la dengue, la maladie de Chagas et la Leishmaniase, les maladies cardio-vasculaires, les tumeurs malignes de même que le VIH/SIDA.
Chez les enfants, les plus importantes causes de mortalité infantile sont les affections périnatales, les maladies de l'appareil respiratoire et les maladies diarrhéiques. La malnutrition affecte une grande partie de la population infantile et la violence est un facteur de risque majeur de mortalité juvénile.

Dans la population adulte, les infections respiratoires, les diarrhées, la malaria, la dengue, la tuberculose et le SIDA sont les principaux problèmes de santé. Notons aussi que la population indigène du Honduras a une espérance de vie nettement inférieure à la moyenne nationale (36 ans pour les hommes et 43 ans pour les femmes par rapport à 64,8 ans pour les hommes et 69,6 pour les femmes de la population en général). Cet état de fait est lié au fait que ces groupes ont historiquement un moins bon accès aux services sociaux de base tels l'éducation, les soins médicaux.

Il y a encore, semble-t-il, dans certains villages de la campagne hondurienne, une grande importance accordée à la médecine traditionnelle, la guérison par les plantes. Toutefois, nous n'avons pas eu la chance de côtoyer et de connaître ce milieu, cet aspect de la médecine.

V. Déroulement du stage

" 7 mai : Vol pour Miami annulé, départ reporté au lendemain.
" 8 mai : Deuxième départ. Arrivée à Tegucigalpa en début d'après-midi. Martin, le responsable, vient nous chercher à l'aéroport et nous amène à notre maison pour les 7 prochaines semaines : la Casa Clara-Lauzon. C'est la maison de Mer et Monde. Les présentations se font, on discute de l'horaire des deux prochaines semaines, puis on nous laisse le temps de nous installer dans nos chambres. On rencontre les enfants de Martin et Sally, et les autres volontaires (5) qui sont à la maison pour 5 mois afin de faire un documentaire.
" 9 mai : Visite guidée de Tegucigalpa par Martin. Dix Blancs en groupe au centre-ville, ça ne passe pas inaperçu !!! On essaie de mémoriser le trajet d'autobus. Dans l'après-midi, on rencontre la Doctora Maria Margarita avec qui on travaillera. Elle nous donne une formation sur la mortalité infantile et ses principales causes, sur les infections parasitaires intestinales. On rencontre aussi Rosario, la directrice de Koinonia.
" 10 mai : Je me rends avec Martin et quatre autres membres du groupe à Villa Nueva et Los Pinos, deux des garderies de Koinonia. Nous allons porter aux enfants des barres de céréales. Ça nous donne l'occasion de visiter les garderies, s'en faire expliquer le fonctionnement, de rencontrer les employés et les enfants. Ces garderies sont situées dans les quartiers les plus pauvres de la ville.
Dans l'après-midi, on a une autre formation avec la Doctora. Cette fois-là, elle nous parle de techniques de purification de l'eau, du dengue, de la malaria et de la maladie de Chagas.
" 11 mai : Nous assistons à l'atelier d'évaluation trimestrielle des cinq garderies de
Koinonia. L'éducatrice, la cuisinière et la ninera (femme qui s'occupe des jeunes enfants, les fait boire et manger, change les couches et les vêtements,etc.) de chaque garderie sont présentes. Elles doivent discuter de leurs forces et faiblesses et doivent présenter des propositions dans le domaine de l'éducation et de la santé des enfants, de même que par rapport à l'administration, et ce, afin d'améliorer leur travail.
" 12 mai : Visite du parc national La Tigra.
" 14-15 mai: J'ai passé les 2 journées à aider l'éducatrice de la garderie de Santa
Teresa avec ses 35 enfants : animation de jeux, aide pour les devoirs, etc.
" 16 mai : Départ pour Pueblo Nuevo, le petit village dans les montagnes. Je
rencontre la dame chez qui je vais habiter dans les prochains jours : Maria Jacinta. On rencontre aussi Vienvenida qui nous fera à manger pour la prochaine semaine. Visite du village et rencontre de ses habitants. Grosse déception : on apprend que la campagne de vaccination qu'on venait faire dans les villages aux alentours n'aura pas lieu car l'infirmière a déjà vacciné les enfants du village. Problème de communication…
" 17 mai : Visite guidée du village et de ses installations et plantations par le profe.
Dans l'après-midi, visite du centre de santé et explications de son fonctionnement par l'infirmière. Puis, on assiste à une réunion avec les femmes du village. Le but est d'obtenir un consensus dans la communauté afin que tout le monde accepte de débourser 15 lempiras
(1,50$) par mois pour avoir un système d'eau potable. Consensus impossible à obtenir, car seulement 38 femmes sur 115 sont présentes et elles n'expriment aucune opinion.
" 18 mai : On fait des tortillas. On assiste à l'activité éducative donnée par la Doctora aux habitants sur les parasites intestinaux. Puis, on l'aide aux consultations en prenant la pression et en préparant les petits sacs de médicaments, puis en expliquant aux gens comment prendre leur médication. Après-midi à discuter avec les gens du village.
" 19 mai : On aide les femmes à faire du pain à la boulangerie communautaire.
" 20 mai : Retour à Tegucigalpa.
" 21 mai : Je suis malade!
" 22 mai : Je vais à la garderie de Santa Teresa pour peser et mesurer les enfants afin de faire leur courbe de croissance et de dire à l'éducatrice lesquels sont à surveiller car souffrant de malnutrition et afin de voir s'ils se sont améliorés ou empirés depuis la dernière pesée.
" 23 mai : Au centre de santé de Los Pinos, on nous explique leur campagne de purification de l'eau. On nous explique comment chlorer l'eau à l'aide d'un sachet de chlore et comment vérifier la qualité de l'eau dans les camions-citernes et les dépanneurs. Puis, je vais à la garderie de Los Pinos afin d'y peser et mesurer les enfants.
" 24 mai : Je passe la journée avec la Doctora. Dans la matinée, je suis à sa clinique o? je prends la pression, la température et le poids des patients. Je fais parfois des injections. De plus, je prépare les sachets de médicaments en indiquant la posologie. Dans les moments libres, on en profite pour faire le ménage de la pharmacie (mettre de l'ordre et jeter les médicaments périmés). L'après-midi, on va à Agapaix o? j'aide la Doctora à nettoyer des plaies et à faire des bandages.
" 25-26-27-28 mai : Tourisme au Nicaragua.
" 29-30-31 mai : Séjour à la Casa Zulema, la maison pour sidatiques, avec Lamia.
On échange avec les adultes, on s'occupe des enfants, on aide à faire les repas et à laver la vaisselle.
" 1er juin : Journée à la clinique de Campo Cielo, la clinique des deux médecins
espagnols. Journée d'observation et d'apprentissage. Matinée avec le Dr Luis Velilla, gynécologue, et l'après-midi avec la Dr Merche Velilla, omnipraticienne.
" 4 juin : Journée à la garderie Flor del Campo. On pèse et mesure les enfants afin de faire leur courbe de croissance. On donne de la pipérazine (médicament pour déparasiter les intestins) à chaque enfant après avoir calculé la dose qui lui est appropriée. On fait le ménage de la petite pharmacie.
" 5 juin : Journée à Lepaterique, petit village dans la campagne, avec le Dr Luis.
J'assiste à des consultations de gynécologie et j'essaie même de faire
des échographies.
" 6 juin : Journée à la garderie de Sambrador. On donne de la pipérazine (déparasitant) aux 60 enfants selon leur poids. On fait un shampoing à poux à la moitié des enfants.
" 7 juin : Journée à la garderie de Sambrador. On donne la deuxième dose de pipérazine aux enfants. On ne peut malheureusement pas donner le shampoing à poux aux autres enfants, car il ne reste plus d'eau. On passe le reste de la journée à aider l'éducatrice et jouer avec les enfants.
" 8 juin : Départ pour Olanchito, ville dans le nord du pays. Journée de transport.
" 9 juin : Journée dans les plantations de bananes de la compagnie Dole. A l'hôpital de Coyoles, l'hôpital de la compagnie Dole pour ses employés et leur famille, on est reçu par le directeur de l'hôpital, quelques médecins et l'équipe de prévention, contrôle et éradication de la malaria. Cette région est effectivement une région o? la malaria est endémique : la prévalence de la malaria est de plus de 95%. Ils nous expliquent donc leur programme de contrôle de la malaria. Par la suite, on visite l'hôpital qui nous apparaît un des hôpitaux les mieux équipés du pays. Dans l'après-midi, on va visiter une section de la plantation. C'est une tente sous laquelle les travailleurs font le tri des bananes, les lavent, mettent de l'antifongique, puis les emballent, les mettent dans des caisses et en remplissent des camions. C'est le seul endroit o? ils emmènent les étrangers, pour tenter de leur prouver qu'ils traitent bien leurs employés.
" 10 au 16 juin : Tourisme au Honduras : Roatan, Tela, les ruines de Copan.
" 18 juin : Journée à la garderie de Santa Teresa. On donne de la pipérazine (déparasitant) aux enfants selon leur poids et on leur fait un shampoing à poux.
" 19 juin : On donne la deuxième dose de pipérazine aux enfants de Santa Teresa.
" 20 juin : Dernière journée avec la Doctora à sa clinique
" 21 juin : Avec Mathieu, je finis le ménage de la pharmacie de la Doctora à Koinonia . On a posé des tablettes, vidé toutes les boîtes, jeté les médicaments périmés et tout classé les médicaments, par catégories, sur les tablettes.
" 22 juin : On magasine les souvenirs et profite de la ville.
" 23 juin : Retour sur notre projet avec Martin. Préparation de la fête de la Saint-Jean organisée par l'autre groupe de volontaires pour faire découvrir notre fête nationale. Remerciements la part de tous ceux avec qui nous avons travaillé.
" 24 juin : Ménage de notre dortoir et préparation des bagages. Dernière soirée.
" 25 juin : Départ pour Québec.

VI. Résultats

Comment décrire les résultats du stage? À la question : " Comment a été ton stage? ", je donne toujours la même réponse : " Super! Difficile par moments, mais c'était vraiment une belle expérience. ". Il s'est tellement passé de choses et ça a été une expérience tellement particulière que, soit je m'assoie pendant quelques heures avec quelqu'un pour en discuter, soit je résume le stage par la réponse spontanée,brève, comme celle mentionnée précédemment.

En résumé, je peux donc dire que je suis très très contente de mon stage. Ce fut une expérience extrêmement enrichissante. De plus, je peux maintenant dire que les objectifs que je m'étais fixés au départ ont été atteints. Nous avons réussi à organiser de façon autonome notre stage et tout s'est très bien déroulé. Nous avons financé entièrement notre projet. Nous avons eu quatre formations qui nous ont bien préparé au départ, sauf peut-être sur un point dont je reparlerai plus tard. J'ai pu découvrir un autre pays et une autre culture et m'y adapter. J'ai découvert les réalités socio-économique, socio-sanitaire et médicale du pays, réalités totalement différentes des nôtres. J'ai pu me rendre utile en travaillant là où il y avait des besoins. J'ai appris à travailler et à vivre en groupe. J'ai aussi appris à travailler avec des personnes de culture et de mentalité différentes, qui n'ont pas la même organisation, ni la même efficacité, ni la même notion du temps. Je crois aussi que cette expérience m'a permis d'augmenter mon autonomie et de me dépasser dans de nombreuses situations, pour en ressortir plus forte. J'ai aussi pu mettre en application des valeurs importantes pour moi, telles que l'ouverture d'esprit, le respect de la différence et la solidarité. D'avoir vécu cette expérience, celle d'être confrontée à la réalité quotidienne des Honduriens, m'a donné le goût d'essayer de sensibiliser les gens à cette réalité et à la chance que nous avons d'être nés dans un pays comme le nôtre.

Toutefois, deux de mes objectifs n'ont pas été entièrement atteints. Tout d'abord, je n'ai pas vécu l'expérience de vie en famille tel que prévu. En effet, nous étions censés vivre cinq semaines en famille, deux par deux. En réalité, nous avons vécu seulement cinq jours dans une famille du village de Pueblo Nuevo. Les familles avec lesquelles Koinonia et Mer et Monde sont en contact à Tegucigalpa sont des familles situées dans les quartiers les plus pauvres de la ville. Ce sont donc des familles vivant dans des conditions très difficiles : des maisons d'une seule pièce pour toute la famille, des latrines à l'arrière, pas de douche ni eau courante, l'eau que les familles ne savent pas toujours comment traiter pour rendre potable. L'hygiène de base n'y est pas du tout respectée et elle ne l'est guère plus dans la préparation des aliments. De plus, dans ces quartiers, on ne peut jamais être sûr que le mari ou le père des enfants ne va pas revenir un soir, ivre et agressif. Martin était donc conscient, pour toutes ces raisons, que ce n'était pas facile d'aller vivre dans ces familles. Il nous a laissé le choix. Et je dois avouer que je ne me sentais vraiment pas prête à aller vivre dans ces conditions. Et personne du groupe non plus ne se sentait prêt à se lancer dans cette expérience. Nous sommes donc tous restés à la maison de Mer et Monde durant tout le temps que nous avons passé dans la capitale. Cela nous permettait de nous reposer le soir et de parler avec les autres de ce que nous avions vécu durant la journée. J'étais finalement très contente de cette formule. Toutefois, je crois que cela m'a empêché de vivre une expérience plus poussée d'intégration culturelle. Une semaine en famille n'est pas assez long pour complètement s'intégrer à la vie de famille hondurienne. Et cela reste une déception du voyage, même si j'ai adoré vivre à la maison-mère. À la maison, j'ai pu vivre de très bons moments avec les membres du groupe et aussi développer des liens très forts avec les autres volontaires vivant à la maison et avec Martin, Sally et les enfants. Il y régnait vraiment une ambiance chaleureuse et agréable et j'y ai eu des échanges très intéressants. Toutefois, l'expérience du Honduras aurait été plus complète si j'avais pu vivre plus longtemps dans une famille. J'aurais aimé ça, par exemple, pouvoir vivre dans une famille d'un milieu un peu moins pauvre; comme ça, j'aurais été plus à l'aise et j'aurais eu moins peur d'aller y vivre cinq semaines.

Ma deuxième déception est reliée à la première. Lors de mon séjour au Honduras, j'ai beaucoup amélioré mon espagnol et il est maintenant très fonctionnel. Toutefois, si j'avais vécu en famille, j'aurais assurément atteint un niveau plus élevé. En vivant à la maison-mère, on parlait en français tous les soirs et toutes les fins de semaine. Je n'ai donc pas amélioré mon espagnol autant que je l'aurais voulu.
Ce sont donc les deux seules déceptions de mon voyage, les deux objectifs que je n'ai pas entièrement atteints.

VII. Contacts les plus enrichissants

Au cours de ce projet, j'ai fait plusieurs rencontres très intéressantes. Je peux même dire qu'à peu près chaque rencontre m'a apporté un petit quelque chose. Toutefois, quelques personnes m'ont particulièrement impressionnée.

Parlons tout d'abord de Martin et Sally, le couple de Québécois responsables de la maison-mère. Ce sont des personnes incroyables. Ils ont tout laissé derrière pour venir s'installer au Honduras avec leurs enfants. Ils n'ont jamais un moment pour être seuls en famille, car il y a presque toujours des volontaires à la maison.

Sally passe son temps à cuisiner des petits plats succulents,à garder l'endroit propre, à s'occuper de ses enfants. Malgré tout ça, elle a toujours du temps pour échanger avec nous ou pour nous donner quelques conseils judicieux.

Martin, quant à lui, passe son temps à essayer d'élargir de plus en plus son réseau de contacts afin de pouvoir accueillir plus de volontaires et de pouvoir répondre aux besoins spécifiques de chacun. Il essaie aussi de trouver à quels endroits ils auraient besoin d'aide et à quels endroits des volontaires seraient utiles. C'est lui qui nous a accueilli et nous a initié à Tegucigalpa. Il a su faire en sorte qu'en très peu de temps nous étions autonomes dans la ville, ce qui est tout un exploit!!! Il a su trouver des projets correspondant à nos besoins, nous proposer différentes possibilités et il nous lassait toute la liberté de choisir ce qui nous convenait. On décidait dans quels projets nous voulions nous impliquer, quel serait notre horaire,etc. C'est un homme très flexible et patient. Il est aussi amoureux du Honduras et il m'a beaucoup aidée à apprivoiser le pays en m'expliquant sa vision du pays, en me racontant ce qu'il savait de l'histoire et de la culture du Honduras. Et quiconque vivait un moment difficile pouvait aller trouver conseil et réconfort auprès de Martin. Ce couple a donc été un élément-clé de la réussite de mon stage en ayant su me guider et m'orienter tout au long du projet. Ils ont toujours été è l'écoute de mes besoins et m'ont laissé vivre mon expérience à ma façon.

Le Dr Luis Velilla est une autre personne qui m'a beaucoup impressionnée. Je ne l'ai malheureusement pas beaucoup côtoyé, mais les deux rencontres que j'ai eu avec lui ont été très enrichissantes. J'ai passé un avant-midi avec lui dans sa clinique à Tegucigalpa et une journée où je l'ai accompagné dans sa journée de consultation à Lepaterique. Comme il y a une heure de route de Tegucigalpa à Lepaterique, nous avons pu discuter. Dr Luis est un médecin incroyablement généreux et dévoué à la cause internationale. Il vient de Madrid. Il a pratiqué 6 ans au Guatemala et ça fait maintenant un an qu'il travaille à Tegucigalpa. Sa famille et lui-même détestent la ville, mais c'est là qu'il y a des besoins, alors ils y restent. De plus, sa femme et lui ne cessent de se battre pour essayer de construire un centre mère-enfant à Lepaterique, mais le gouvernement ne fait que leur mettre des bâtons dans les roues. En plus de tout ça, Dr Luis a déjà été membre de Médecins Sans Frontières. Il a entres autres été au Rwanda durant la guerre. Il a mis sa vie plusieurs fois en danger pour aller aider ces gens dans le besoin. Il a vu et vécu les pires horreurs pour aller soigner les victimes de la guerre. Il a soigné des blessés quelques mois dans un hôpital rwandais pour ensuite s'installer de l'autre côté de la frontièr, en Tanzani, pour accueillir les réfugiés qui réussissaient à passer la frontière. Par la suite, il a soigné les gens dans un camp de réfugiés en Tanzanie, pour quelques mois. En réponse au compliment qu'il est généreux et courageux d'être allé là-bas, il nous répond qu'il ne pouvait pas rester assis dans son salon à regarder ces horreurs à la télévision. Quelqu'un devait y aller. C'est une personne que j'admire beaucoup et bonne comme il s'en rencontre rarement. Il a aussi une approche très respectueuse et rassurante avec ses patientes, approche dont je vais essayer de m'inspirer dans ma future pratique. J'ai donc eu des échanges très enrichissants avec ce Dr Luis et j'aurais aimé avoir la chance de le côtoyer un peu plus.

La Doctora Maria Margarita est la troisième personne de qui je voudrais parler. C'est une femme incroyable. Elle est douce, souriante, simple, respectueuse. Une des rares femmes ayant fait la médecine. Elle a choisi d'ouvrir sa clinique dans un quartier pauvre et défavorisé de la ville pour qu'eux aussi puissent recevoir des soins adéquats. Les consultations y coûtent 20 lempiras ( 2$ ) et elle fonctionne principalement grâce à des donations de fondations espagnoles. Et l'après-midi, elle s'occupe des enfants des garderies de Koinonia et des enfants de la rue. C'est comme une petite maman pour eux. Ça lui fait de très grosses journées et c'est loin d'être une femme riche. Elle aurait pu choisir de travailler ailleurs comme bien des médecins et gagner plus d'argent, mais elle a décidé de travailler là où la population en avait besoin. Elle est très attentive aux besoins de la population. C'est pourquoi j'ai adoré travailler avec elle. C'est impressionnant de voir tout ce qu'elle réussit à faire malgré la pauvreté des moyens dont elle dispose. Comme c'est une femme que j'apprécie et admire beaucoup, j'ai été contente de pouvoir l'aider en faisant plein de petites choses qui lui allégeaient la tâche le temps que j'étais là.


VIII. Réflexions personnelles


Faisons maintenant un retour global sur mon expérience. Je peux maintenant affirmer en toute honnêteté que ce fut une expérience entièrement positive. Il y a bien sûr eu quelques difficultés en cours de route, mais je crois que chaque problème surmonté m'a fait grandir un peu plus. Parlons un peu de ces difficultés.

La difficulté majeure qui a été présente tout le long du projet a été la vie en groupe. Je pensais au départ que tout irait très bien, car nous étions tous de bons amis à l'université au départ. C'est sûr que je suis très contente de ne pas être partie seule. Je l'ai déjà fait une fois quand je suis partie au Guatemala et ce fut très difficile. C'était beaucoup moins stressant de partir entourée de gens que je connaissais et quand ça allait moins bien, c'était très réconfortant de pouvoir me confier à quelqu'un que je connaissais bien. Mais d'un autre côté, il y a une grosse différence entre côtoyer des personnes à l'école et un soir par semaine que d'être avec ces mêmes personnes 24 heures sur 24 dans des conditions difficiles et dans un espace physique restreint où il n'y a pas vraiment de place pour être seul. Il faut s'adapter aux personnalités et aux humeurs de chacun. Il y a eu quelques frictions entres les membres du groupe qui n'ont pas toujours été faciles à gérer.

Un autre problème est que nous étions partis avec l'idée que nous avions tous exactement les mêmes objectifs et qu'il fallait tous faire la même chose. Une fois que nous avons réalisé que nous pouvions faire chacun ce qui nous convenait, selon nos désirs et nos besoins, il y a eu beaucoup moins de tensions. Nous n'avons pas tous la même façon de voyager et de vivre en groupe et nous ne recherchions pas tous exactement le même type d'implication. Ces façons différentes de voir les choses ont malheureusement créé des tensions et des éloignements au sein du groupe. Heureusement, chacun a su respecter les opinions des autres et nous sommes tous encore maintenant de très bons amis à l'université et toute trace de tension a disparu.

J'ai découvert deux autres inconvénients à vivre ce type d'expérience avec un groupe d'amis. Premièrement, il est plus difficile de mettre les choses au clair quand il y a une tension ou quand quelque chose est dérangeant quand la personne concernée est amie et que tu ne veux pas lui faire de peine. De la même façon, tu oses moins faire ce qui te convient le mieux, de peur de blesser les autres. Certaines situations auraient donc été plus faciles si nous avions été un groupe de personnes ne se connaissant pas au départ , car tu te sens moins obligé envers eux et tu as moins peur de blesser tes amis. Deuxièmement, j'ai trouvé ça difficile de ne pas me laisser influencer par les émotions des autres. Il était facile de me laisser gagner par la tristesse, le découragement, l'impatience d'un membre du groupe, encore plus si c'est un bon ami. Et ce n'est pas un bonne situation, car quand quelqu'un vit un moment difficile, tu as besoin d'une personne pour te remonter le moral et non pour t'accompagner dans ton découragement. Toutefois, une fois que j'ai pris conscience que je me laissais emporter par les émotions des autres, j'ai réussi à contrôler ce phénomène.

Tout au cours de notre formation, on nous a préparés à vivre un choc culturel en arrivant au Honduras. Mais le choc culturel n'a pas été celui auquel je m'attendais. Comme je suis allée au Guatemala, j'avais déjà eu un premier contact avec la dure réalité de ces pays sous-développés. De plus, dans nos formations, on a vu beaucoup de documentaires et de vidéos nous préparant à affronter cette différence. Je savais à peu près à quoi m'attendre, alors je n'ai pas eu trop de difficulté à composer avec la réalité dans laquelle vivent les Honduriens. C'est certain que c'est bouleversant et choquant d'être confrontée à cette extrême pauvreté et à cette injustice; ça m'a fait réfléchir, mais ce n'est pas ce qui m'a causé le plus grand choc. Ce qui m'a le plus surprise, c'est la culture hondurienne. Cette culture qui est si difficile à saisir. Je m'attendais à un peuple chaleureux, accueillant, souriant, coloré, avec son artisanat, sa musique propre. Ce n'est pas ce que j'ai rencontré dans la capitale.

Il est très difficile de décrire le peuple hondurien, sa culture. Au début, on dirait même qu'ils n'ont pas de culture qui leur est propre. Ils n'ont pas d'habillement typique, de tissus spécifiques, de musique bien à eux. Ils ont peu d'artisanat, si ce n'est que des objets en bois et quelques œuvres picturales. Et ce qui nous a le plus bouleversés, c'est la froideur des habitants de la capitale envers nous, leur distance. On ne se sentait pas du tout les bienvenus. On s'est fait traiter de tous les noms, on s'est fait lancer des roches par les enfants, une volontaire s'est fait cracher dessus,… Tous de petits exemples concrets pour essayer de décrire cette impression qu'on avait tous, qu'on dérangeait et qu'on n'était pas du tout à notre place. Cette froideur n'était pas bien-sûr dirigée contre nous spécifiquement , mais bien contre tout étranger. Et surtout contre tout étranger qui a l'air d'un Américain. Une écriture sur le mur d'une bâtisse près de l'ambassade américaine témoignait bien de cette haine envers les étrangers :
!Fuera gringos! C'est sûr que la majorité des étrangers qui viennent au Honduras, c'est en tant que touristes, pour profiter des plages et des beaux endroits, et faire du " voyeurisme ", celui de leur pauvreté.
Même à Pueblo Nuevo, le petit village dans les montagnes, on a ressenti cette même froideur, cette distance envers nous. Les habitants n'étaient pas aussi chaleureux et souriants que ce à quoi on s'attendait. Il fallait aller vers eux et leur poser de nombreuses questions pour faire la conversation avec eux. C'était difficile, surtout que nous sommes allés à Pueblo Nuevo au début du séjour alors que notre espagnol n'était pas encore fluide. C'est donc beaucoup plus ardu de maintenir une conversation animée avec un espagnol hésitant. Mais en apprenant sur l'histoire, en côtoyant ces gens et en discutant avec Martin, j'ai finalement pu comprendre ce qui faisant paraître les Honduriens si froids et distants. Et je veux vous en faire part. Il est sûr que je ne prétends absolument pas détenir la vérité, mais c'est une explication que j'ai découverte lors de mon séjour et qui m'a permis de comprendre et apprécier ce peuple.
Tout d'abord, si vous vous rappelez les quelques éléments d'histoire que j'ai mentionnés au début du rapport, le Honduras a été contraint par les États-Unis à jouer un rôle qui ne lui plaisait pas dans les conflits affligeant les pays voisins. Les États-Unis ont en plus installé des bases militaires en territoire hondurien pour pouvoir mieux intervenir dans les conflits du Nicaragua, du Guatemala et du Salvador. La présence américaine est aussi très importante dans l'économie du pays. Deux grandes compagnies américaines sont effectivement venus coloniser de grandes parties du territoire hondurien pour y créer d'immenses plantations de bananes majoritairement, et d'autres fruits, comme les ananas. Pour ces raisons et bien d'autres encore, que vous pouvez tous imaginer car elles sont présentes dans tous les pays d'Amérique latine et dans bien d'autres pays en voie de développement, les Honduriens éprouvent une haine envers les Américains. Et lorsqu'un Hondurien voit un Blanc marcher dans les rues de sa ville, il l'identifie tout de suite comme étant un Américain. La différence ne se voit effectivement pas à l'œil nu. De plus, une grande majorité de Honduriens ne connaissent pas la géographie du monde. Ils savent que les États-Unis existent au nord d'eux, mais c'est tout. Le monde s'arrête là, alors le Canada, ils ne savent pas que c'est un pays qui existe, différent des États-Unis. Donc, en étant vu pour un Américain, on n'est pas du tout bien accueilli . De toute façon, Américains ou pas, nous sommes des blancs des pays industrialisés, riches, alors nous sommes souvent perçus comme étant des exploiteurs…

Une autre raison peut expliquer cette apparente froideur des Honduriens : ce n'est pas un peuple fier. Ils ont été soumis aux États-Unis, ils n'ont pas fait leur propre révolution comme les trois pays voisins, ils n'ont pas gardé une culture propre, colorée,… Comme ils ne sont pas fiers, ils sont moins accueillants et chaleureux, car ils ne sont pas heureux, ils sont gênés de nous montrer comment ils vivent, qui ils sont. Cet aspect m'a beaucoup frappée à Pueblo Nuevo. Les habitants vivent dans des conditions difficiles, sans argent, sans eau courante, sans douche, sans électricité,… De plus, la majorité n'ont reçu aucune éducation. Donc, face à nous, ils sont honteux de montrer dans quelles conditions ils vivent et ils sont gênés de nous accueillir dans ces conditions, de n'avoir que ça à nous offrir. De plus, ils se sentent inférieurs à nous qui venons d'un pays industrialisé. Cette gêne se traduit, aux premiers contacts, par ce qui nous paraît être de la froideur. Ils se sentent tellement inférieurs à nous que, dans les garderies de la capitale dans lesquelles nous avons travaillé, les éducatrices qui y travaillent depuis longtemps nous ont demandé, dès la première journée, ce qu'elles devraient faire pour améliorer leur fonctionnement. Elles nous demandaient sans cesse ce qu'on pensait de leur travail, si c'était bien, alors qu'elles étaient beaucoup plus qualifiées que nous à ce sujet. En fait, les seuls personnes à Pueblo Nuevo qui ont été très chaleureuses, accueillantes et volubiles dès le départ étaient celles ayant de l'éducation : la professeure, l'infirmière, el Profe . J'ai remarqué cette gêne surtout chez les femmes et les quelques hommes de Pueblo Nuevo que nous avons côtoyés (la majorité des hommes travaillaient dans les plantations). Toutefois, l'attitude des hommes de la capitale et ceux que nous avons croisés dans nos déplacement étaient toute autre. C'était l'attitude machiste qu'on nous avait dit être typique des latinos. Mais ouf! l'attitude machiste poussée à l'extrême. On ne pouvait sortir sans se faire siffler, crier des " Hello baby, Wow!!! ", poursuivre par des halètements ou des jappements,.. Ça fait partie de la culture!!!!

Donc, une fois le choc passé et une fois qu'on eut appris un peu sur ce qu'il y avait derrière les attitudes des Honduriens, j'ai appris à découvrir le peuple hondurien et à l'aimer. Et j'ai fait des rencontres très agréables et intéressantes. Toutefois, avec les gens avec qui j'ai travaillé, il n'y a jamais eu ce problème de froideur. Tous ceux avec qui j'ai travaillé ont été très chaleureux dès le départ et nous avons été très bien accueillis. J'ai pu avoir de bons échanges avec ces personnes.
La même chose s'est produite avec Tegucigalpa. Ce n'est vraiment pas une ville accueillante. Elle est sale, parsemée de déchets, désordonnée, pas très jolie aux premiers abords, malgré son superbe décor naturel. Elle est détestée de tous les Honduriens et les habitants de la capitale ne sont pas très sympathiques envers tout étranger. Tous ces éléments mis ensemble ont fait qu'au début, nous ne pensions jamais être capables d'aimer cette ville. Mais à ma grande joie, j'ai réalisé après quelques semaines que je m'étais attachée à Tegus et que je m'y sentais chez-nous!!! J'aimais la ville avec tout son désordre et son bruit, avec toutes ces odeurs et ce fourmillement de personnes. Et le fait de voyager un peu à travers le pays m'a fait découvrir autre chose que la capitale et je peux maintenant dire que le Honduras est un très beau pays.

Un autre point qui m'a beaucoup bouleversée est la situation des enfants de la rue. Je n'ai pas eu la chance de travailler beaucoup avec eux et j'aurais aimé ça pouvoir faire plus. C'est tellement triste de voir des enfants dans la rue avec leur pot de colle, complètement drogués, qui doivent voler afin d'avoir un peu d'argent pour survivre. Ils n'ont pas choisi leur situation. Et ce que je trouvais le plus triste, c'est que quelques fois, des enfants ont essayé de nous voler. Et vers la fin, nous avions peur en voyant un petit enfant de 8 ans, car on avait peur qu'il nous vole. C'est vraiment difficile d'être habitée pas ce sentiment de peur envers un enfant.

Un autre élément marquant du voyage dont je voulais parler est la mise à l'épreuve de notre capacité d'adaptation. En effet, rien de ce que nous étions censés faire au départ ne s'est réalisé. Tous les plans ont changé une fois arrivés au Honduras. C'était un peu effrayant au départ, mais finalement, à mon avis, ça a été une très bonne chose. Chacun a pu choisir dans quel projet il voulait s'impliquer et on a même réussi à trouver par nous-mêmes des activités qui nous semblaient intéressants. On a ouvert des portes pour le prochain groupe d'étudiants qui iront au Honduras l'année prochaine. Et ça ajoute une source de fierté à notre stage. Notre capacité d'adaptation a aussi été mise à l'épreuve plusieurs autres fois au cours du stage. En effet, comme les communications sont très mauvaises au Honduras, plusieurs petits projets tombaient à l'eau ou étaient totalement différents de ce à quoi on s'attendait. Il fallait donc réajuster constamment notre tir. Mais je trouve que ces imprévus ont fait partie du charme du séjour. Il a fallu aussi s'adapter à la façon de faire des Honduriens et aux moyens dont ils disposent. Ce sont des éléments très positifs du stage, car la capacité d'adaptation est une qualité très importante à mes yeux. Je suis donc très heureuse d'avoir eu l'occasion de l'éprouver.

J'ai beaucoup aimé aussi passer deux mois dans un pays comme le Honduras. Ça fait du bien de sortir du mode productivité-efficacité de notre monde. C'est reposant. Et je pense que c'est un apprentissage important à faire. Prendre le temps pour les gens et pour soi et non être toujours à la course. J'ai beaucoup apprécié ce rythme de vie.

En faisant ce rapport, j'ai beaucoup réfléchi afin de savoir si ce stage m'avait apporté des acquis spécifiques allant m'aider dans ma pratique médicale future. Je peux affirmer que ce fut majoritairement une expérience humaine, au cours de laquelle j'ai appris beaucoup sur moi-même et j'ai grandi. Ce sont des réflexions qui remettent les choses en perspective, mais il est extrêmement difficile de mettre en mots précisément tout ce que mon expérience m'a apporté. Pour n'aborder ici que l'aspect de ma future pratique médicale, je peux dire que ces gens ont beaucoup à nous enseigner en ce qui a trait à prendre le temps pour les gens plutôt que vouloir être productif et efficace à tout prix, parfois même au détriment d'une bonne relation interpersonnelle. En prenant contact avec la réalité médicale de ce pays, j'ai été très impressionnée de voir comment les médecins honduriens réussissent à se débrouiller avec le peu de moyens qu'ils ont. Ça nous fait réaliser à quel point nous sommes chanceux d'avoir autant de ressources et de moyens. Toutefois, le pendant de cette grande disponibilité des ressources est que souvent, les médecins nord-américains en abusent et prescrivent inutilement certains examens pour se rassurer, engendrant ainsi des coûts supplémentaires à notre système de santé.

Un autre point m'a aussi marquée. Ça fait réfléchir de réaliser que dans les pays industrialisés, les gens sont malades car ils mangent trop ou car ils fument, alors que dans ces pays en voie de développement, les gens meurent à cause des conditions d'extrême pauvreté dans lesquelles il vivent, à cause de malnutrition.

Je crois aussi que ces pays ont beaucoup à nous apprendre sur un aspect de la réalité médicale et socio-sanitaire. Dans ces pays, des efforts importants sont axés sur la prévention. Dans ces pays, les gens en réalisent plus l'importance, car ils n'ont pas de ressources pour traiter les maladies une fois qu'elles sont installées. Dans un pays comme le nôtre, où nous disposons de nombreuses ressources sophistiquées pour diagnostiquer et traiter des maladies, nous oublions trop souvent l'importance de la prévention primaire.

En résumé, comme je le mentionnais plus tôt, ce ne fut pas un stage toujours facile, mais ce fut une expérience extrêmement enrichissante. Et le fait d'avoir eu quelques difficultés à surmonter a rendu le stage encore plus profitable et intéressant.


IX. Recommandations pour les futurs stages

Il y a quelques suggestions que je pourrais faire pour les futurs stages. Tout d'abord, ce que j'ai beaucoup apprécié de mon stage, c'est d'avoir pu réalisé des activités variées et utiles. Ça ne prenait pas toujours nécessairement une formation médicale pour s'impliquer dans les activités dans lesquelles je me suis impliquée, mais elles touchaient toutes de près ou de loin au domaine de la santé. Quant à moi, je suis très contente de ne pas avoir fait un stage d'observation dans un hôpital. Je vais avoir l'occasion bien des fois de le faire. J'ai quand même pu apprendre sur la réalité médicale de ce pays en travaillant dans des cliniques, en discutant avec les médecins et infirmières ou autres Honduriens, en visitant l'hôpital de la compagnie Dole,… Les projets dans lesquels je me suis impliquée m'ont permis de faire différentes choses intéressantes. Elles ont aidé des personnes et allégé la tâche de certaines autres et ça m'a permis de vivre une expérience humaine incroyable et très gratifiante. Et c'est ça que j'étais venu chercher en allant au Honduras : l'expérience humaine. J'ai appris beaucoup dans mon expérience et cet apprentissage va me servir toute ma vie.

Il y a deux autres recommandations que je pourrais faire aux futurs stagiaires. Premièrement, s'ils peuvent rester plus longtemps que sept semaines, ça vaudrait la peine. En effet, ça prend quand même quelque temps avant de s'adapter au pays, de bien se débrouiller avec l'espagnol, et aussi de trouver dans quel projet ça nous tente de s'impliquer. En restant plus longtemps, ils auraient plus de temps pour s'impliquer à fond dans un projet et y être vraiment utiles. Et aussi, plus de temps pour bien s'intégrer au pays et développer des liens forts avec les gens. Deuxièmement, je conseillerais aux futurs stagiaires de bien se préparer avant de partir : lire sur le pays, l'histoire, apprendre l'espagnol. Tous ces préparatifs facilitent l'adaptation et l'intégration au milieu.

Finalement, je conseillerais à tout le monde de vivre une expérience de ce type. C'est effrayant au départ, ce n'est pas toujours facile, mais ça vaut vraiment la peine pour tout l'apprentissage et la fierté qu'on peut en retirer, et pour l'ouverture sur le monde qu'elle nous procure.

ANNEXES
INDICATEURS DE MORBIDITÉ ET FACTEURS DE RISQUE

CAUSES NOMBRE TAUX
(Par 100000
habitants)
MALADIES INFECTIEUSES
Cas d'infections respiratoires aiguës 1 025 284 17 817
Cas de diarrhée 288 853 4895
Cas enregistrés de choléra 127 2,2
MALADIES À PRÉVENTION IMMUNITAIRE
Cas confirmés de poliomyélite 0 0
Cas de rougeole chez les moins de 5 ans 0 0
Cas de diphtérie chez les moins de 5 ans 1 0,11
Cas de coqueluche chez les moins de 5 ans 42 4,7
Cas de tétanos néonatal 6 3,1
Cas de méningite tuberculeuse chez les moins de 5 ans 6 0,24
MALADIES DE TRANSMISSION VECTORIELLE
Cas total de dengue 28 448 482,1
Cas de dengue hémorragique 33 0,56
Cas de dengue classique 28 415 481,5
Cas de leishmaniase 1454 24,6
Cas de Chagas 180 3,1
Cas de malaria 45 993 779,4
AUTRES MALADIES
Cas de syphilis (acquise) 868 14,7
Cas de tuberculose(toutes les formes) 3592 60,6
Cas de SIDA 1377 23,33
Prévalence du VIH 13 252 224,6
MALADIES CHRONIQUES
Cas de maladies cardio-vasculaires 11 075 187,7
Cas de cancer 3989 67,6
Cas de diabète 2566 43,5
Cas de problèmes mentaux 6787 115
Cas d'anémie 3827 64,9


INDICATEURS D'ACCÈS ET DE COUVERTURE


INDICATEURS
Pourcentage de la population ayant accès aux services de santé 82 %
Nombre de lits disponibles 6296
Nombre de lits disponibles par 10 000 habitants 10,66
Pourcentage de la population urbaine avec eau potable courante à domicile 77%
Pourcentage de la population urbaine avec un accès raisonnable à l'eau potable 91%
Pourcentage de la population rurale avec eau potable courante à domicile 66%
Pourcentage de la population rurale avec un accès raisonnable à l'eau potable 71%
Pourcentage de demeures urbaines avec un service sanitaire adéquat 82%
Pourcentage de demeures rurales avec un service sanitaire adéquat 71%


COUVERTURE DE VACCINATION CHEZ LES MOINS DE 5 ANS %
Sabin 97,8
DCT (diphtérie, coqueluche, tétanos) 96,8
Rougeole 87,5
BCG (anti-tuberculeux) 96,3
Toxine tétanique (femmes en âge de fertilité, en 2 doses) 100


CONSULTATIONS AMBULATOIRES NOMBRE %
Nombre total de consultations 6 253 700
Première consultation 2 906 362 46,5
Consultation pour un enfant de moins de 5 ans 2 008 171 53,5
Première consultation d'un enfant de moins de 5 ans 890 459 30,6
ADMISSIONS HOSPITALIÈRES NOMBRE %
Nombre total d'admissions 201 606
Hommes 56 852 28,3
Femmes 144 610 71,7
Admissions en relation avec grossesse, accouchement 94 515 46,9


INDICATEURS DE MORTALITÉ

INDICATEUR NOMBRE TAUX
D.1 Mortalité infantile (pour 1000 naissances) 42.0
Néonatale 19
Postnéonatale 17
D.2 Mortalité de 1-4 ans (pour 1000 habitants) 13
D.3 Décès dû à la rougeole chez les moins de 5 ans 0 0
D.4 Décès dû à la poliomyélite chez les moins de 5 ans 0 0
D.5 Décès dû à la coqueluche chez les moins de 5 ans 3 0.3
D.6 Décès dû au tétanos néonatal 4 0.2
D.7 Décès dû à la diphtérie chez les moins de 5 ans 0 0
D.8 Décès dû à la méningite tuberculose (moins de 15 ans) 3 0.12
D.9 Sous-registre de mortalité (%) 47
D.10 Décès dû à la tuberculose 134 2.3
D.11 Décès dû au SIDA 236 3.9
D.12 Décès dû à l'hypertension artérielle 99 1.7
D.13 Décès dû à des tumeurs malignes 249 4.2
D.14 Décès dû à la choléra 1 0.02
D.15 Décès dû à la dengue 5 0.08
D.16 Décès dû aux maladies cardiovasculaires 986 16.7
D.17 Décès dû au diabète 151 2.6
D.18 Décès dû à des accidents 569 9.6

PRINCIPALES CAUSES DE MORTALITÉ INFANTILE

CAUSES DE MORTALITÉ POURCENTAGE
Infection respiratoire aiguë 23.5
Trauma à la naissance/asphyxie 16.5
Prématuré/ faible poids 16.1
Septicémie 9.1
Anomalies congénitales 8.7


MORTALITÉ INFANTILE HOSPITALIÈRE SELON LA CAUSE DE BASE

CAUSE DE MORTALITÉ NOMBRE %
Syndrome de difficulté respiratoire 207 12.9
Diarrhée et gastroentérite d'origine infectieuse 116 7.3
Septicémie 113 7.1
Pneumonie 67 4.2
Malformation congénitale du coeur 66 4.1
Autres causes 1 030 64.40
Le total des décès 1 599 100.00

PRINCIPALES CAUSES DE MORTALITÉ CHEZ LES MOINS DE 5 ANS

CAUSE DE MORTALITÉ %
Infection respiratoire aiguë 65.1
Diarrhée et déshydratation 60.1
Trauma de naissance/asphyxie 32.4
Prématuré/ faible poids 26.7
Autres causes 50.2

PRINCIPALES CAUSES DE MORTALITÉ HOSPITALIÈRE CHEZ LES MOINS DE 5 ANS SELON LA CAUSE DE BASE

CAUSE DE MORTALITÉ NOMBRE %
Syndrome de difficulté respiratoire 207 10.53
Diarrhée et gastroentérite d'origine infectieuse 156 7.9
Septicémie 113 5.8
Pneumonie 108 5.5
Autres causes 1 381 70.27
Le total des décès 1 965 100.00


MORTALITÉ DES FEMMES EN ÂGE DE REPRODUCTION ET MORTALITÉ MATERNELLE

CAUSE DE MORTALITÉ 1990 1997
Hémorragie 72.5 47.1
Trouble hypertensif 27.3 19.4
Infection 45.8 15.2
Distocia (??) 9.3 1.0
Décès indirects 27.3 17.8
Décès non reliés 38.9 35.6



DONNÉES DÉMOGRAPHIQUES

INDICATEUR (1) NOMBRE %
A.1. Population totale 5 901 239
Hommes 2 955 204 50.1
Femmes 2 946 035 49.9
A.2. Population de moins de 1 an 188 393 3.2
A.3. Population de 1 à 4 ans 700 195 11.9
A.4. Population de moins de 5 ans 888 588 15.1
A.5. Population de 5 à 14 ans 1 577 945 26.7
A.6. Population de moins de 15 ans 2 466 529 41.8
A.7. Population de 15 à 49 ans 2 850 543 48.3
Hommes 1 418 834 24.04
Femmes 1 431 709 24.26
A.8. Population de 50 à 64 ans 382 065 6.5
A.9. Population d 65 ans et plus 202 099 3.4


INDICATEUR (1) NOMBRE
A.10 Espérance de vie à la naissance 69.25
Hommes 66.75
Femmes 71.78
A.11 Taux global de fécondité 4.11
A.12 Pourcentage de population urbaine 47.3
A.13 Pourcentage de population rurale 52.7
A.14 Naissances estimées 188 029
A.15 Taux brut de natalité (par 1000 habitants) 31.86
A.16 Taux brut de mortalité (par 1000 habitants) 5.50
A.17 Décès estimés 32 441
A.18 Taux de dépendance par 100 habitants (0-14) + (65+) 82.6
A.19 Migration nette par 100 habitants -8.6
A.20 Densité de population 52.46
A.21 Extension territoriale 112 492 km2


INDICATEURS DE RESSOURCES

INDICATEUR (4) NOMBRE
INFRASTRUCTURES PHYSIQUES
E.1 HÔPITAUX
Secrétariat de la santé 28
I.H.S.S. 3
Privés 56

E.2 CENTRES DE SOINS AMBULATOIRES
Cliniques materno-infantile 16
Centre de santé avec médecin (CESAMO) 231
Centre de santé rural (CESAR) 861
Maison communautaire de soins de grossesse 9
Hébergement maternel 4

E.3 RESSOURCES HUMAINES NOMBRE TAUX PAR
10 000 HAB.
Médecins spécialistes 805 1.4
Médecins généralistes 702 1.2
Infirmières professionnelles 702 1.2
Infirmières auxiliaires 4 993 8.7
Odontologues 127 0.2
Sages-femmes 5 657 9.8

E.4 RESSOURCES FINANCIÈRES LEMPIRAS* %
Budget national 2 541 914 143
Fonds nationaux 1 595 271 398 62.76
Fonds externes 946 642 745 37.24
Fonds récupérés 9 200 000

* 1 dollar canadien = 10 lempiras