Stages de solidarité pour les 50 ans et + : 1ère escale
par René Asselin

Nous sommes au printemps 2009 lorsque je prends la décision de l’aventure Sénégalaise. À ce moment, je ne sais pas encore à quoi m’attendre, je ressens juste le besoin de suivre l’émotion qui monte en moi devant cette Afrique qui m’ouvre les bras. Quelques semaines plus tard, rencontre avec Mireille Chilloux pour valider la pureté de mes intentions et elle m’accueille comme futur stagiaire meretmondien, destination : Sénégal, janvier 2010. C’est d’ailleurs lors de cette rencontre, que j’apprends la nécessité de suivre deux formations de quatre jours chacune pour nous outiller en vue du dit voyage. J’accepte le tout et allons de l’avant.

Je pense souvent au Sénégal et paradoxalement à ça, je suis contrarié à l’idée de suivre deux fois quatre jours de formation. J’ai de la difficulté à croire qu’autant de temps soit nécessaire pour parvenir à nous donner l’information pertinente pour la réussite de cette mission. « On va tourner en rond par moment » que je pense , mais puisque que c’est un passage obligé, je me dis, « fais contre mauvaise fortune bon cœur et implique toi ».

Premier rendez-vous de quatre jours, 19 octobre. Ça commence un peu croche pour moi, j’apprends l’avant veille du départ par ma conjointe qui fait partie du groupe, que je devrai présenter « un morceau de soi » c’est à dire une facette de moi-même sous forme artistique si désirée. En catastrophe, je couche sur papier quelques états d’âme en me disant qu’il y a généralement un bon côté à toutes choses quand on garde l’esprit ouvert. Nous arrivons à la ferme Berthe Rousseau avec plus d’une heure de retard. Soulagement, nous ne sommes pas les derniers !. On se présente les uns aux autres, je reconnais quelques visages.
Comme toute bonne formation ça commence par un tour de table, et on nous demande quelles sont les raisons de notre présence. Mon tour venu, j’exprime mon cheminement et une fois fait, pas moins de la moitié de ce qui devait faire partie de mon « morceau de soi » a déjà été livrée. « Reste ouvert » que je me dis, « tu ne passeras pas aujourd’hui même ». Et la journée se continue : dîner communautaire avec les hôtes qui nous hébergeront pendant le stage, informations, ateliers, morceaux de soi, souper préparé en commun, corvée de vaisselle et puis autres ateliers en soirée. À la fin de la première journée, la tête pleine de vie sénégalaise et le cœur déjà attaché à ce groupe de huit , nous nous faisons la bise et partons pour la nuit chez nos hôtes respectifs.

Jour 2 et les suivants… Émotions… chaque « morceau de soi » augmente le degré d’attachement que nous avons les uns envers les autres. Avec les ateliers, on découvre les Sénégalais dans ce qu’irrésistiblement ils sont. On nous prépare à vivre ce stage la tête pas mal moins haute dans les nuages et les pieds le plus possible en contact avec le sol : on nous prépare à garder l’esprit ouvert et le cœur aimant. L’émotion est omniprésente, je la sens et suite à mon « morceau de soi » débutent alors de généreuse accolades, bien senties, auxquelles même nos formateurs succombent. Cette histoire de chaleur humaine aurait-elle pris cette dimension sans la formation? Je suis sûr que non. Tout ce qu’on nous enseigne à travers les ateliers, la littérature, les vidéos, tous les commentaires, les questionnements et les échanges sur ce qu’est le Sénégal , sur ce qu’il nous inspire et nous fait ressentir, tout ça n’aurait pas fait croître notre attachement les uns aux autres sans une formation de groupe échelonnée sur plusieurs jours. Chaque membre de ce groupe sera un partenaire sur le terrain et plus nous saurons communiquer ensemble, plus nous aurons de possibilités d’avancer dans la bonne direction.

2e semaine de formation, décembre 09 : nous nous retrouvons avec grand bonheur : cette semaine est plus chavirante et troublante en rapport au rôle que je peux jouer maintenant, pendant et après le stage de coopération au Sénégal. Je n’ai pas encore foulé le sol Africain, mais il y a déjà quelque chose de changé en moi. Cette formation, m’apprend à regarder ailleurs, à aimer des gens que je vais connaître avant de les avoir vus et à me laisser aimer par eux. Cette formation me donne le goût de m’informer sur le pouvoir que j’ai de partir la « roue du changement ».

En mars 2009, je pressentais ce stage de coopération au Sénégal comme l’aventure dont j’avais besoin pour inspirer ma vie. Là, à un mois du départ, quand je regarde où j’en suis, je me rends compte que la formation m’a fait parcourir déjà beaucoup de chemin. Mea culpa, cette formation a vraiment sa raison d’être : si chacune a besoin d’ajustements, pour l’essentiel sa pertinence ne fait pas l’ombre d’un doute dans mon esprit.

Merci à Mer et Monde et à nos formateurs, aux gens de la Ferme Berthe Rousseau, Sally, Martin, Simon et les autres, à nos hôtes dont Brenda et Joe qui nous si bien reçus comme si c’était nous qui les choyions de notre présence, aux invités qui nous ont partagé leurs connaissances et expériences, à Bernard, Rachel, Germaine, Françoise, les deux Doris, Louise : les membres du groupe du stage . Enfin je me félicite d’avoir dit « Oui » à cette odyssée !

 

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