« L'aventure n'est pas un endroit, mais un moment »
Par Amélie Lafortune-Lauzon,
formatrice de 2002 à 2006, accessoirement stagiaire et coordonnatrice terrain au Honduras.

J'ai lu cette phrase dans un document pour faciliter le retour au pays après une expérience à l'étranger. Être formatrice à Mer et Monde c'est une aventure, dans le ici et maintenant. C'est une expérience initiatique en soi. Je serais embêtée de vous dire ce qui de l'expérience de formatrice ou de stagiaire m'a le plus marquée.

Mon cv le trahit : j'ai Mer et Monde tatoué dans mon ADN. Si mon stage au Honduras a semé des graines de résistance solidaire, le travail de formatrice les a arrosées et j'en récolte encore les fruits. Miam !

D'emblée, donner des formations, c'est revivre l'expérience de stage en lui donnant de nouvelles couleurs, une nouvelle intensité. C'est semer des étoiles dans la vie des gens, sans chercher à endoctriner, ni même à convaincre. Transmettre humblement cette graine d'humanité solidaire en vivant ses convictions et ses contradictions et en espérant que les gens autour de soi trouveront que c'est une bonne idée et que c'est possible.

Être au contact de personnes jeunes et moins jeunes qui ont soif d'apprendre et de connaître, ça crée des liens, des grands moments de fous rires. Ces rencontres permettent aussi de grandes remises en question sur soi, sur ses convictions, sur les positions de Mer et Monde. C'est l'occasion aussi de passer pour des fanatiques.puis de laisser fluer. L'étoile brillera si elle a à briller, la graine germera si elle a à germer. Sinon, tant pis. Je ne dis pas que c'est facile. Ça s'apprend.

Être formatrice à Mer et Monde, c'est aussi avoir le privilège de participer aux fins de semaine d'intégration après le retour des stagiaires. Comme formatrice, ces fins de semaine m'ont fait vivre des moments particulièrement intenses. On revoit les stagiaires après leur expérience, parfois égaux à eux-mêmes, le plus souvent transforméEs. Témoins de ces transformations, on se fait aussi éponge de l'énergie emmagasinée par les stagiaires durant leurs séjours. Pour ma part, j'en sortais profondément émue d'entendre qu'Henry ou Fatou avait inspiré quelqu'un. Je revenais plus que jamais solidaire des HondurienNEs et des SénégalaisEs ; fermement convaincue que j'étais au bon endroit, que mon travail avait un sens profond. Coude à coude avec les gens sur le terrain, quels qu'ils soient, on sème des étoiles.

Après avoir quitté Mer et Monde, on m'a dit que j'avais « changé » des vies. Je m'invite à une nécessaire humilité. L'expérience proposée par Mer et Monde peut changer des vies. Comme formateurs nous sommes un canal, des facilitateurs qui ouvrent un chemin que certains décident d'emprunter.

 

Images

J'ai en tête des soirées de folies (contrôlées !!!) entre formateurs, des belles complicités avec des accompagnateurs. J'ai en tête des stagiaires impressionnants d'intelligence, de sensibilité, de curiosité, d'humanité. J'ai aussi en tête des groupes plus difficiles à qui la formule des formations est mal adaptée. Il faut alors réfléchir, s'ajuster, être créatifs. Ce sont souvent ces groupes qui nous apportent les plus riches apprentissages.

Merci Annie et Michèle de m'avoir permis de participer à la consolidation de cette formation magnifique. Merci Kipik d'avoir été et d'être encore cette famille si inspirante et réconfortante, même si je suis un peu loin de corps. Merci stagiaires de votre confiance, vos yeux brillants et votre énergie créatrice. Merci Mer et Monde d'exister.

 

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