Photo : Évelyne Beauclair

Montrer que c'est possible…Par Hélène Boulais

Vous connaissez Allô transport, une coopérative de transport collectif dans le comté de Roberval ? ou bien Le choix de Marguerite sur la Côte Nord, un projet de solidarité qui contribue à réduire la consommation de pétrole, non seulement pour les citoyens, en leur offrant des services de proximité mais aussi en ayant construit un bâtiment utilisant de l'énergie solaire passive ? Ou encore, on pourrait suivre les Sentiers de la réduction des GES à Saint- Germain- de- Grantham, où la ville souligne les efforts des chauffeurs de camions pour éliminer la marche au ralenti du moteur, en plantant des arbres en leurs noms dans les parcs publics.

Il y a comme ça une centaine de projets déjà répertoriés au Québec sur La Vitrine, une carte interactive du Québec, initiée par le programme Par notre PROPRE énergie du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec (RNCREQ).

Intriguée par cette Vitrine, je suis donc allée rencontrer les gens du RNCREQ dans leurs locaux situés dans la Maison du développement durable. Déjà, en entrant dans cette maison, on se rend compte qu'on n'est plus aux balbutiements du mouvement écologique ; que l'avenue du développement durable est empruntée d'une façon « gagnante ». Situé au cœur du quartier des spectacles, ayant reçu la certification Leed platine, l'immeuble héberge 200 personnes qui travaillent dans le secteur du développement durable. De plus, 70 enfants d'âge préscolaire, nos enfants qui vivront dans ce monde qu'on veut protéger, fréquentent le CPE qu'on y a intégré.

Le RNCREQ travaille sur tous les aspects de l'écologie. Mais pour les besoins de L'Unisson, c'est sur la problématique du pétrole que je me suis arrêtée, et Par notre PROPRE énergie est le programme en cause.

Dans le cadre de ce programme une étude économique a été réalisée en 2014. Elle montre que la transition énergétique « c'est payant ». À l'aide de plusieurs tableaux, on démontre que les retombées économiques d'une réduction de 16% de notre consommation de pétrole permettraient de maintenir dans notre économie vingt milliards de dollars de plus en six ans !

« Notre travail, dans le cadre de la démarche Par notre PROPRE énergie n'est pas d'imposer ou de réaliser des projets dans les régions », me dit Cédric Chaperon, responsable de Énergie et changements climatique du CNCREQ, « C'est chaque table régionale qui s'approprie les enjeux, mobilise les gens de sa région, établit ses priorités. Chacune des régions fonctionne à un rythme différent, selon la motivation des gens autour de la table, de la conjoncture politique, économique…»

Je remarque que les projets les plus présents dans la Vitrine sont reliés au secteur du chauffage. « C'est là où les gains sont les plus nets et ce sont les projets, qui nécessitent le moins d'investissement » poursuit M. Chaperon, « par contre là où il devrait y avoir le plus de projets c'est dans le secteur des transports ; c'est ce secteur qui consomme le plus de pétrole et qui émet le plus de GES. Quand nous avons commencé en 2009, c'était à la suite du pic pétrolier ; la motivation à réduire sa consommation de pétrole était plus évidente. Mais, malgré le fait que le coût du pétrole n'a jamais été aussi bas depuis 10 ou 15 ans, ça coûte tout de même des milliards chaque année, et les dégâts au niveau des GES continuent ».

Le travail des tables a donné naissance à de nombreux projets, tous aussi inspirants les uns que les autres. Mais la plupart sont encore à l'étape de projet, faute de fonds. Chaque table doit compter sur le financement des différents paliers gouvernementaux et de partenaires privés.

Malgré cela, déjà de belles réussites honorent le programme. Par exemple, au Saguenay, après une entente avec des villages relais, des municipalités ont réservé des espaces de stationnement pour encourager le covoiturage. En Abitibi, en partenariat avec le CAA, on va dans les CÉGEP sensibiliser les étudiants à l'éco- conduite grâce à l'expérimentation d'un appareil ressemblant à un tableau de bord d'automobile. Dans Lanaudière on travaille avec l'organisme Vivre en ville à l'aménagement urbain, afin de favoriser les commerces de proximité et les airs de mobilité active (la marche, le vélo)

« Ce qu'on aimerait faire davantage, dans l'avenir, c'est de développer des missions sectorielles. Par exemple, répertorier dans une région les meilleurs pratiques agricoles en matière de réduction de la consommation de pétrole ; en délimiter un circuit et inviter des gens du milieu à venir voir, sentir, toucher ces nouvelles façons de faire » conclut M, Chaperon.

Le programme Par notre PROPRE énergie compte donc avant tout sur le transfert du savoir, du savoir-faire, du savoir-faire autrement.

 

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