Mer et Monde sur le terrain* Par Madeleine Pineault, coordinatrice de Mer et Monde au Sénégal

Assurer la présence de Mer et Monde sur le terrain est une expérience à la fois riche en apprentissages, en contacts humains, en découvertes… Par ce travail je suis témoin de la cohabitation harmonieuse de deux religions, d'un mode de vie communautaire et de la solidarité qui lie les plus démunis, de la joie de vivre d'un peuple et de sa « téranga ». En fait, je suis un des maillons d'une Mer de solidarité…
Comment vous donner un aperçu de ce que je fais ? Ce travail dépasse tellement la simple énumération de «tâches », je vous l'assure.

Accueillir et accompagner plus de deux cents stagiaires par année dans leur expérience d'initiation à la coopération internationale a un sens beaucoup plus large qu'on pourrait l'imaginer. Participer à l'ouverture des consciences de tous ces jeunes et moins jeunes est de loin la partie la plus stimulante de mon travail. En fait, je dois tout mettre en œuvre pour arriver à ce résultat et je l'accomplis en collaboration avec l'équipe terrain composée de quelques Sénégalais.

Il y a, bien sûr, tout le côté logistique de l'arrivée des stagiaires: l'accueil à l'aéroport, à la maison Mer et Monde, la vie à la maison et la préparation au grand départ dans les familles et les milieux de stage. Il y a aussi le maintien des liens solides avec les partenaires qui recevront ces stagiaires.

Je dois rechercher continuellement et développer de nouveaux partenariats pour satisfaire une clientèle de stagiaires de plus en plus diversifiée et nombreuse. Par exemple, je travaille présentement sur un dossier particulier : l'accueil d'un groupe de musiciens professionnels qui veulent vivre un échange culturel avec des musiciens sénégalais. Stimulant, vous dis-je? L'accueil d'un étudiant poursuivant une maitrise en ethnomusicologie, pas banal non plus! Notre clientèle universitaire de plus en plus diversifiée nous oblige à revoir constamment nos positions et à repousser nos limites.

Pour les stages scolaires (niveaux secondaire et collégial), je dois aller à la rencontre des communautés afin d'évaluer les possibilités, de prioriser des projets pour ces jeunes stagiaires, et de m'assurer de leur accueil dans les familles. À chaque année nous devons faire une évaluation de ces partenariats.

Dans le cas des 50 ans et plus, j'accueille cette clientèle particulière à la maison de Mer et Monde, je continue d'améliorer et de diversifier les offres de stages, le programme des sorties découvertes etc.

Pour les stages Québec sans frontière (QSF), je participe à leur élaboration en collaboration avec les communautés, et je dois tout mettre en œuvre pour la viabilité des projets.

Dans tous les cas, il faut organiser des ateliers de renforcement des capacités avec nos villages partenaires pour une meilleure gestion des projets. Il faut « encadrer » les stagiaires par des visites régulières de l'équipe terrain et des rencontres de groupes. Je dois maintenir la communication avec le bureau de Montréal pour que la formation pré- départ, faite au Québec, soit toujours appropriée. Enfin il y a tout le travail administratif, la gestion de personnel, des finances, les rapports aux ministères…

Mon travail, il est extraordinaire. Côtoyer un peuple si différent du mien, pour qui l'accès à l'eau et par le fait même l'autonomie alimentaire est inaccessible. Travailler avec lui à trouver des solutions, développer des moyens, mettre sur pied des activités génératrices de revenus. L'accompagner pas à pas dans ce processus de développement et être témoin à tous les jours de son courage, de sa foi, de son dévouement, de sa solidarité, c'est aussi ça mon travail. Merci à Jeunes et Société de me permettre une telle présence.

* Grâce à l'apport financier de Jeunes et Société, Mer et Monde assure une présence permanente sur le terrain au Sénégal comme au Nicaragua.

 

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