Passage
 
 

À l'automne 2009, je suis arrivé à la Ferme Berthe-Rousseau dans un état dépressif. Après un arrêt de travail, j'avais passé de longues journées à ne rien faire, dans la solitude et la précarité financière.

J'avais d'abord tenté d'obtenir de l'aide par l'intermédiaire des ressources traditionnelles, mais ne m'y sentais pas à ma place. Les gens autour de moi étaient sévèrement atteints et sur médicamentés. Je ne me reconnaissais pas dans ce type de clientèle. Je me sentais coincé, « pris entre deux chaises » ; pas assez bien pour fonctionner en société, mais pas assez « hypothéqué » pour que ces ressources me soient bénéfiques.

On m'a alors proposé une visite à la Ferme. Après seulement 24 heures dans cet endroit, je m'y sentais chez moi. Pendant mon séjour, j'ai expérimenté les différents travaux que l'on fait sur une ferme : soigner les animaux, jardiner, transformer les aliments, etc. Ces activités quotidiennes ont fait naître en moi un sentiment que je n'avais pas vécu depuis longtemps : je me sentais utile et nécessaire au fonctionnement de ce milieu de vie, et j'étais entouré de personnes qui appréciaient ma présence.

Pendant deux ans, j'ai contribué à la vie de cet organisme et grâce à cette expérience, j'ai eu l'opportunité par la suite, de faire un stage en agriculture au Sénégal!

En quittant la Ferme, j'avais le cœur rempli de belles réalisations et la tête débordante de nouveaux projets.

Jean Philippe Chartrand

 

 

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