Pourquoi je soutiens Jeunes et Société? Par Marc Laurendeau, journaliste

Chaque année depuis huit ans, j'agis comme président d'honneur du dîner-bénéfice pour la Fondation Jeunes et Société, au cours duquel je trace un bilan des activités de Mer et Monde et de la Ferme Berthe-Rousseau, avec les embûches et les réussites ainsi que les prochains défis. Je m'efforce, comme tout journaliste curieux, de bien me renseigner et d'écouter attentivement les gens du terrain, de les consulter longuement avant de faire mon exposé.

J'ai donc eu la chance, au cours des ans, de suivre l'évolution de la Fondation et des deux organismes qu'elle encadre et finance. Plus le temps avance, plus se renforce chez moi la conviction que la Fondation fait une œuvre essentielle : la recherche d'une plus grande justice sociale.

La Fondation résiste, contre vents et marées, à la stricte logique comptable, individualiste et à courte vue, qui tient lieu d'idéologie dominante et séduit les gouvernements ces temps-ci. Jeunes et Société propose d'autres valeurs : le bénévolat et l'ouverture aux autres.

On ne peut qu'être impressionné en constatant que Mer et Monde a déjà envoyé plus de 2,000 stagiaires sur divers continents. Surtout des jeunes, vraisemblablement de futurs leaders. Mais aussi, selon une formule plus récente, des personnes de plus de cinquante ans.

Tous ces stagiaires ont travaillé avec des dizaines de petites organisations non gouvernementales, au Honduras, au Sénégal et dernièrement au Nicaragua. Cette entraide se fait dans une perspective de développement durable, une autre façon de voir la mondialisation.

Beaucoup de jeunes étudiants (je l'ai constaté comme professeur) sont attirés par la scène internationale et devinent instinctivement que leur avenir pourrait se dessinerà l'étranger. Par ses stages d'initiation à la coopération internationale, Mer et Monde a offert à des centaines de jeunes étudiants et travailleurs l'occasion inouïe de se rapprocher étroitement des populations locales en leur portant assistance.

Les jeunes étudiants y trouvaient la chance de donner une dimension plus humaine à leur parcours secondaire, collégial ou universitaire. De jeunes chômeurs, désireux de s'intégrer au marché du travail, découvraient, à travers Mer et Monde, le moyen d'y arriver non pas au terme d'une série d'échecs, mais plutôt en conclusion d'une première expérience de travail réussie.

À mes yeux, il est important que la Ferme Berthe-Rousseau, dans le Centre du Québec, continue à servir de base arrière. On y forme les futurs stagiaires de Mer et Monde mais surtout, on y accueille dans un environnement simple et convivial, les personnes fragilisées en recherche de leur équilibre personnel. Résidents et visiteurs participent à la vie collective de la Ferme, se ressourcent, reprennent pied, à l'abri du rythme affolant des grandes tours à bureaux et des pressions consuméristes des grands centres commerciaux.

J'ai entendu, lors des rencontres préparatoires et même lors des dîners-bénéfices, plusieurs témoignages émouvants qui le démontrent : la ferme Berthe-Rousseau, c'est la porte de secours, l'antidote au
suicide et le lieu de résistance au capitalisme effréné.

En soutenant la Fondation Jeunes et société, je sais que j'appuie par le fait même deux organismes qui offrent des moyens pour résister aux courants actuels de déshumanisation de notre société. Mer et monde propose plus que de simples voyages touristiques et la Ferme Berthe-Rousseau comporte bien d'autres valeurs qu'une simple ferme d'exploitation agricole.

Tous deux représentent des lieux de partage, d'échange et de solidarité qui enrichissent la personnalité des jeunes et moins jeunes qui les côtoient. Ces expériences « ici et dans le monde » élargissent l'horizon et donnent du recul pour mieux comprendre le Québec.

 

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