Grandir à la ferme Par Simon Vermette

"Ceux qui forment de mauvais desseins ont la tromperie dans le cœur, mais ceux qui n'ont que des conseils de paix seront dans la joie."
Proverbes de Salomon, XII; 21

Ainsi, ceux qui expérimentent la ferme vivent dans la joie! Cette citation de l'Ancien Testament n'engage nullement le Centre Berthe-Rousseau. C'est moi qui l'ai choisie. Jamais on ne m'a "cassé les couilles" avec la religion là-bas. Oui, j'y ai trouvé beaucoup de paix, beaucoup de calme, beaucoup de compréhension, d'écoute et d'humilité, mais jamais je n'y ai entendu de discours prônant une quelconque religion. De la spiritualité, ça, il en a été question mais rarement dans un discours plus que dans nos cœurs et aspirations.

J'ai chanté avant les repas. J'étais parfois gêné de ça, d'autres fois vivement égayé. Parfois je préférais m'abstenir. Personne ne m'a obligé à chanter avant le repas. Le repas, lui, était toujours bon. Très bon, souvent même somptueux mais toujours humble. La nourriture abondait. Issu du partage entre résidents et visiteurs de courte ou moyenne durée, le repas suffisait toujours à tous et chacun. Et des expériences culinaires, j'y en ai fait plusieurs ...

L'apprentissage! Je crois que la seule chose d'impossible à la ferme c'est de rester con. Cultiver le champs avec Martin, semer à ses côtés, transplanter des arbres ou des vivaces en sa compagnie ou simplement le regarder assister les mises-bas, cuisiner avec Sally ou seulement lire dans un salon, discuter avec des voyageurs, des amis de la ferme, des voisins, des enfants. J'ai appris à concocter les meilleurs granolas du monde. J'y ai mélangé le meilleur yogourt maison (que je sais désormais fabriquer également) et des confitures qui n'ont rien à voir avec la marque "Habitant". Ce ne sont là que quelques exemples des chances de grandir dans un univers près de nous et où la nature œuvre d'elle-même.

Je rêve encore de la ferme aujourd'hui, après plusieurs années d'absence déjà. J'ai jalousé silencieusement les plus récents résidents. J'ai honteusement souvenir d'avoir refusé une offre d'occuper un rôle plus officiel à la ferme, si gentiment offert par Michel Corbeil. J'ai regretté amèrement des actions posées dans la plus vive impuissance, dans un contexte d'une curieuse rébellion. Bref, j'en ai fait des choses à la ferme.

Mais après tout ce chemin parcouru, j'ai à présent une heureuse certitude. Je vais revenir à la ferme saluer la famille, l'espace d'une nuit ou deux, par-ci par-là dans l'année. Et j'y serai enfin accompagné par la personne que j'ai toujours rêvé d'amener sur cette terre: William, mon fils unique et source de ma plus vive motivation, que je souhaite depuis longtemps présenter à Paul, Siméon et Christophe. J'imagine qu'il est enfin temps, car ces gaillards quitteront certainement un jour pas si lointain pour poursuivre leur destiné. Comme le temps passe vite!

 

  La Petite Ferme de l'Auberge

Un organisme frère tout près de chez nous, la petite Ferme de l'Auberge est située à Roxton Falls. Elle accueille des hommes en difficulté. Il y a des jardins, des animaux et surtout de la confiture, la meilleure de la région.

La petite Ferme n'est pas subventionnée et doit subvenir à ses besoins par des dons et la vente de confiture.

Plusieurs résidents sont passés de la Ferme Berthe-Rousseau à la Petite Ferme et vice versa, selon la disponibilité des lieux et les besoins des résidents.

 

 

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