Toujours prêt!
 
 

Il y a déjà cinq ans, j'ai été présenté pour la première fois à cette grande famille de la coopération internationale. À travers Mer et Monde, j'ai eu la chance de découvrir le Sénégal en tant que stagiaire, accompagnateur et formateur. Avec la découverte d'une nouvelle profondeur humaine, de la richesse du partage, de la solidarité, et un sentiment de valorisation à travers l'entraide, mes perceptions et mes réflexions ont grandement évolué au cours de mon cheminement à Mer et Monde. Mes objectifs professionnels ont pris un nouveau sens et se sont concrétisés avec une passion pour la coopération internationale. Ce qui m'a le plus marqué à travers mes expériences est l'approche respectueuse promue par Mer et Monde. Cette approche se base sur l'écoute et l'échange avec les partenaires, sur l'humilité des gestes posés, sur la reconnaissance des communautés et un contact humain direct entre stagiaires et population locale. J'ai grandi énormément avec Mer et Monde et me revoilà, prêt pour une nouvelle aventure en Afrique, enrichi des expériences et connaissances précieuses acquises à Mer et Monde.

Van Dong Nguyen, stagiaire au collégiale en 2008, puis accompagnateur d'un groupe du collégiale en 2011 et maintenant formateur à Mer et Monde.

 

Deux belles aventures

Notre famille a eu la chance de vivre l'expérience d'échange comme parent d'une stagiaire et comme famille d'accueil. Ces deux expériences quoique différentes se ressemblent néanmoins. Le voyage au Sénégal de Karma, notre fille de 15 ans, nous a créé beaucoup d'inquiétudes, des angoisses prévisibles de parents qui voient leur enfant partir, trop loin et trop longtemps. À son retour nous avions compris qu'elle avait été bien prête et bien préparée pour se lancer dans l'aventure. Nous avions surtout appris qu'il fallait tolérer ces moments difficiles de séparation et d'incertitude pour l'aider à grandir et s'actualiser. À son retour, nous étions de fiers parents.

Bien que Karma ait quitté le Sénégal, le Sénégal était resté en elle; et lorsque Mer et Monde a lancé un appel pour être famille d'accueil d'une stagiaire « réciprocité », notre fille a exprimé son désir d'accueillir la stagiaire sénégalaise, car elle voulait donner en retour la chaleur et l'hospitalité que sa famille sénégalaise lui avait offerte durant son stage en 2011. Ceci nous semblait un gros engagement avec beaucoup d'impondérables mais nous avons décidé d'accepter.

Le 16 septembre 2012, Coumba est entrée discrètement dans notre foyer. Avec le temps, elle a fait son chemin généreusement dans nos cœurs.

« Coumba, pour nous, tes parents adoptifs, tu as montré beaucoup de respect, d'affection et de gratitude. Par ton attitude, tu as su montrer ces belles valeurs à nos enfants. Pour Karma et Jad (notre fils de 13 ans), tu es devenue, assez rapidement, la confidente et l'amie et cette complicité s'est développée naturellement. Rappelle-toi ces soirées où tu restais réveillée tard pour tenir compagnie à Karma qui étudiait; tu restais là silencieuse comme pour lui dire : « je suis là pour te soutenir ». Et Jad, tu l'aimais comme un petit frère, et lui donnais une belle confiance en lui en le félicitant d'être studieux, sérieux et gentil. Collectivement, nous discutions de valeurs et de société: de pauvreté, d'inégalités sociales, de droits des femmes et d'identité. Au quotidien, nos expériences du Québec, du Sénégal et d'ailleurs s'entrecroisaient par les opinions, les consensus et les divergences. Ces petites escapades à travers les cultures nous ont permis d'accompagner un peu plus nos deux enfants vers une maturité citoyenne d'ouverture et de justice sociale. Ton souvenir est précieux pour nous, car tu fais dorénavant partie de notre famille. Le soir, autour du feu, le plus beau souvenir qui nous reste, c'est ton rire, Coumba, qui a su semer dans notre foyer un petit bonheur exotique. On te dit … à la prochaine!
Sylvia, Ziad, Karma et Jad »

Sylvia Karouz.

 

 
Lonkè au Léhar
 
 

Deux mois dans cette toute petite région de la brousse sénégalaise, non loin de Dakar. Y habitent quelques milliers de Sérères qui partagent un dialecte unique. Ils m'ont accueilli comme un frère et m'ont donné un nouveau nom. J'y étais allé enseigner les sciences et les mathématiques : soutien à l'enseignement, cours de renforcement dans les villages et exercices en classe... J'en suis revenu transformé. Vivre au quotidien avec ce peuple fier et courageux. Apprendre leur langue. Comprendre leur sensibilité, leur culture, leur conception des choses, leurs croyances fascinantes. Confronter ses valeurs, ses propres absolus et ébranler ses mythes. Enseigner à des jeunes sans autres ressources que leur volonté et leurs rêves. Puiser profondément en soi pour les aider à donner le meilleur d'eux-mêmes. Découvrir toute leur humanité et en revenir avec le plus beau cadeau du monde : celui de mieux se connaître. Socrate disait : « gnôti seauton ». Je réponds : mi ya Lonkè! *

* Gnôti seauton : du grec ancien, « connais-toi toi-même ».
Mi ya Lonkè : du sérère-laalaa, « je suis Lonkè. »

François Lemay, physicien à Environnement-Canada,
stagiaire individuel

 

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