La formation, une partie intégrale de l'expérience
meretmondienne

Par Julie Désilets, coordonnatrice pédagogique de la formation à Mer et Monde

La formation, en 2012-2013,
c'est aussi un total de:
121 fins de semaines de formation
54 groupes formés
2 coordonnateurs &
42 formateurs en action

Faire un stage avec Mer et Monde, c'est bien plus que deux semaines ou trois mois au Honduras ou au Sénégal. De fait, une partie intégrale de l'expérience se passe au Québec, avant et après le séjour à l'étranger; il s'agit de la formation! À Mer et Monde on y croit énormément et on est persuadé qu'elle permet à nos stagiaires de tirer un maximum d'apprentissages de leur expérience terrain, dans une perspective de croissance personnelle. Nous sommes également intimement convaincus qu'il y a là une question de respect de nos partenaires et des communautés qui nous accueillent. De fait, la réalité des peuples hondurien et sénégalais peut être, à différents égards, assez différente de celle de la plupart des Québécois. Si on ne se prépare pas suffisamment bien à vivre cette expérience, nous risquons de tomber dans le jugement de la culture d'accueil, la comparaison entre nos habitudes et modes de vie et, peut-être même, l'imposition de nos manières de faire qui seraient sans doute peu adaptées à la réalité locale.

Au cours de sa formation, Mer et Monde propose déjà à ses stagiaires un « laboratoire de vie » alors que nous privilégions un vécu communautaire qui nous permet de profiter de moments informels riches et de prendre conscience de ce qu'implique la vie en groupe. Nous invitons aussi les stagiaires à apprécier leur formation comme un certain moment en retrait du quotidien, ce qui nous permet de rester réellement centrés sur les objectifs de la formation, alors qu'on y respecte, par exemple, le code d'éthique en vigueur sur le terrain. Dans ce sens, au-delà des notions et des mises en situation que nous explorons, la formation est une excellente pratique pour le stage!

Le fait de dispenser une formation de qualité, basée sur des situations et des outils concrets, mais aussi sur la réflexion et l'introspection, permet à nos stagiaires de plonger pleinement dans leur expérience d'initiation à la solidarité internationale, et d'en apprendre un maximum sur eux et sur le monde qui les entoure. Parfois à la déception des stagiaires, la formation ne vise pas à leur transmettre les fins détails de ce qu'ils vivront sur le terrain. Bien sûr, nous discutons de différentes questions pratiques, mais l'objectif est d'abord et avant tout de se donner des outils pour être en mesure de bien vivre l'expérience terrain, d'avoir une attitude positive et d'en retirer un maximum d'apprentissages.

La formation, c'est donc l'occasion de préciser nos objectifs, mais aussi de prendre conscience de nos forces et de nos défis personnels, qui risquent de faire surface dans ce contexte déstabilisant; de développer la dynamique du groupe pour pouvoir compter sur la force de l'équipe; de prendre conscience des défis possibles d'adaptation interculturelle pour les reconnaître, mais surtout d'identifier des stratégies pour aller au-delà; d'en savoir plus sur le pays d'accueil pour mieux comprendre ses réalités actuelles et la culture qui y s'est enracinée; de se sensibiliser à l'approche à adopter avec les partenaires locaux dans un esprit d'entraide, pour que ce que nous apportons sur le terrain soit davantage basé sur la réciprocité, le codéveloppement et le respect; et, finalement, de mieux comprendre les dynamiques propres à la mondialisation néolibérale et à la coopération internationale, pour mieux situer notre action, prendre conscience des sources d'inégalité, mais, aussi, des possibilités positives que nous offre la dynamique mondiale actuelle.

Au retour, nous dispensons également une formation d'intégration nous accordant un temps d'arrêt avec les stagiaires pour relire l'expérience vécue, identifier des enjeux et des valeurs qui les ont particulièrement touchés, et proposer différentes initiatives qui les incitent à leur faire une place dans leur quotidien québécois. Enfin, à travers ce processus, nous tentons de cultiver la confiance en soi, envers le groupe et envers Mer et Monde, par un certain lâcher-prise sur le « faire » pour mieux se centrer sur l'« être ».

 

 
Un nouveau monde pour moi
 
 

Mon expérience comme formatrice à Mer et Monde est pour moi une autre ouverture sur le monde. Je me suis embarquée assez rapidement dans ce bateau, une chance de poursuivre mon engagement en coopération internationale et ce, à travers les gens. Donner une formation à ceux qui se préparent à partir, c'est continuer à voyager et à s'ouvrir à l'autre, tout en échangeant sur des sujets qui me passionnent et qui me poussent à toujours aller plus loin. Chaque groupe nous amène à vivre une expérience différente et je me sens privilégiée de pouvoir les accompagner durant cette préparation à la rencontre interculturelle. Les fins de semaine de formation amènent aussi le groupe à tisser des liens forts et il s'agit souvent de moments riches en partage et émotions où l'on peut se permettre d'être soi-même. J'apprécie particulièrement l'intégration au retour des stagiaires alors qu'ils nous reviennent transformés, des souvenirs plein la tête. Être formatrice avec Mer et Monde, c'est aussi découvrir toute une équipe de personnes passionnées et généreuses avec qui on partage des moments précieux et où se nouent bien des amitiés!

Chantal Labrosse, formatrice à Mer et Monde

 

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