Initiation à la coopération pour les jeunes du secondaire
Par Alain Carrière, enseignant en éthique et culture religieuse, École d'éducation internationale, McMasterville

En mars dernier, l'École d'éducation internationale a complété son troisième stage d'initiation à la coopération internationale, au Sénégal avec Mer et Monde. C'est un projet qui soulève beaucoup d'enthousiasme auprès des élèves de l'école. Malgré qu'un séjour scolaire au secondaire soit de courte durée, les jeunes y vivent une expérience intense, profonde et durable.

Le vécu en une famille est un moment privilégié du stage. Chaque jeune se voit attribuer une famille d'accueil avec laquelle il va partager les repas, prendre le thé, participer aux tâches ménagères, etc. Ce moment clé de la rencontre de l'autre permet d'échanger des idées et de prendre conscience de sa propre identité, de ses propres valeurs et croyances.

La participation à un projet élaboré par la communauté elle-même est l'autre temps fort du stage. Cela permet de s'approprier un peu la réalité du village et d'y participer en tant que membre à part entière. Au fil des ans, les élèves de l'Ecole d'éducation internationale ont réalisé des travaux aux champs, aidé à restaurer une garderie et ont repeint des classes de l'école primaire. Cette participation concrète à la vie de la communauté donne le sentiment de rendre aux villageois un peu de la générosité incroyable dont ils font preuve.

Les jeunes en ressortent grandis. Leur transformation ne s'opère pas que sur le terrain; elle débute lors des fins de semaine de formation offertes par Mer et Monde, et se poursuit bien au-delà du stage et de la rencontre bilan finale.

Initier des jeunes du secondaire à la coopération internationale, c'est leur donner très tôt la possibilité de se découvrir personnellement, de remettre en questions certains de leurs repères, de s'ouvrir à de nouveaux horizons, de donner un sens à leur parcours d'étude et parfois même, un sens à leur existence.

 

 
Je ne le savais pas
 
 

Au début, je me doutais bien que je cette expérience serait marquante. En 2012, j'étudiais pour devenir enseignante au primaire. Je suis partie faire mon troisième stage dans l'école de Baback, au Sénégal. On m'avait dit que je rencontrerais des élèves et des enseignants d'une culture lointaine, dans ce village où l'inconnu accompagnerait tous mes sens, tous les jours.

Et puis j'ai découvert une dimension à l'apprentissage que je ne soupçonnais pas – trésor pour une future enseignante - et qui n'est pas au programme à l'université. Un monde de possibilités multiples, porté par Mer et Monde, grâce à une formation faite d'ouverture d'esprit, d'accueil du sain partage, de la connaissance de l'autre, de soi, de nous, ensemble, de chaque côté de l'océan.

Aujourd'hui, mon enseignement est teinté d'une couleur indélébile, indescriptible, indétectable à l'œil nu, sauf sur les visages de mes petits élèves québécois.

Au début, je me doutais bien que cette expérience serait marquante, mais en vrai de vrai, je ne le savais pas.

Marilla Dufourcq, stagiaire universitaire, étudiante en éducation

 

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