C'est ici que ça se vit
Par Marjorie Lauzon et Jean-François Caron

gentry

Matheo, 5 ans, Adélie, 20 mois, ainsi que leurs futurs frères et sœurs, grandiront en ville. Comme la moitié de l'humanité, si l'on se fie aux données de l'ONU.

Jamais nous n'avons songé à quitter Montréal à l'arrivée des enfants. Il faut dire que nous y avions déjà notre nid : des emplois, des grands-parents à proximité, un réseau d'amitié, l'école d'ostéopathie de Marjorie, l'habitude de fréquenter certains commerces de quartier que nous apprécions. C'est donc tout naturellement que nous avons acheté un duplex ici.

Ici, c'est Verdun, un arrondissement enclavé entre deux plans d'eau (le Saint-Laurent et le canal de l'Aqueduc) sur les rives desquels s'étendent, à perte de vue, des pistes cyclables pour partir en vélo avec les enfants ou faire un peu de jogging. De nombreux parcs pour enfants jalonnent notre quartier, dont plusieurs abritent une patinoire l'hiver. À un bout de notre rue, la piscine extérieure; à l'autre, le CPE des enfants, face au parc Angrignon. À quelques coins de rue, la bibliothèque et la salle de spectacle.

Vous l'aurez compris : nous avons choisi la proximité et l'accessibilité. Nos emplois sont situés à Verdun même ou en périphérie. Notre temps de déplacement entre la maison et le travail est, de ce fait, minime. C'est autant de temps de plus à passer avec nos enfants. Ne possédant pas de voiture, nous nous déplaçons à pied ou à vélo, et nous utilisons les transports collectifs pour atteindre les endroits plus éloignés. De cette manière, nous réduisons notre empreinte écologique et inculquons un mode de vie actif à nos enfants.

Curieux de la différence et ouverts à la diversité, nous aimons Montréal et son métissage culturel et ethnique. Nos enfants baignent dans cette atmosphère qui fait d'eux des citoyens du monde sans avoir à quitter leur ville d'origine. Cette rencontre avec la différence se fait pour eux dans la rue, au CPE, dans les commerces du quartier tenus par des immigrants d'origine chinoise, irakienne, polonaise ou antillaise. Elle a aussi lieu au sein de notre propre demeure : notre choix de vivre en ville nous a favorisés pour l'accueil de plusieurs stagiaires, venus chez nous par l'intermédiaire de Mer et Monde ou d'autres organismes. En ce qui concerne l'offre culturelle, elle est diversifiée: centre des sciences, musées, biodôme, festivals et cinémas sont à portée de vélo ou de métro.

Lors du fameux printemps érable de 2012, alors que Montréal était le centre de la fronde contre un gouvernement de plus en plus détesté et ses lois matraques, Matheo et Adélie ont eu leur premier vrai contact avec les mouvements citoyens. Ils étaient présents lors du grand rassemblement du Jour de la Terre. Plus tard, Matheo a cogné sur des casseroles devant la maison et dans la rue. Adélie, elle, a défilé avec des milliers de « carrés rouges » au centre-ville.

Avec raison, on reproche à la ville de manquer de nature… Cette nature, plusieurs s'en rapprochent en partant vivre à la campagne. L'option est tentante, bien qu'elle ne soit pas pour autant facile à réaliser. Cependant, on peut aussi choisir de se mobiliser pour ramener davantage de nature en ville! C'est un combat primordial pour une meilleure santé physique et mentale des citadins. Jean-François en a fait son cheval de bataille et vous invite à consulter son blog consacré à ce sujet :
http://envertetpourtous.blogspot.ca.

Bref, pour les échanges quotidiens avec nos sympathiques voisins et tous les enfants qui animent notre rue, nous aimons y vivre. Nous y apprécions la proximité, le mouvement communautaire très vivant et les nombreuses activités qui nous permettent d'avoir une belle qualité de vie sans s'endetter.

 

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