La nourriture à la Ferme
Par Martin Couture, responsable de la Ferme Berthe-Rousseau

De la nourriture à la Ferme, on en parle plus que la moyenne des gens. Nous avons le privilège de pouvoir produire une grande partie de nos aliments mais ça ne se fait pas tout seul.

Il y a 25 ans, lors de la fondation de la Ferme nous avons tenté d’atteindre une production agricole rentable. Nous avons choisi de produire du lait de chèvre. Pendant huit ans nous nous sommes débattus dans ce marché fragile. Parallèlement aux chèvres nous avions un grand jardin, des poules et des ruches. Nous produisions déjà une partie de nos aliments mais l’élevage de chèvres prenait presque tout notre temps.

Nous n’avons jamais atteint la rentabilité espérée. Fatigués et déçus nous avons vendu la plus grosse partie du troupeau et avons cherché notre place dans le monde agricole.

Nous avons finalement trouvé la piste agricole la plus compatible avec la mission d’accueil de la Ferme. Nous essayons maintenant de produire tout ce qui peut se produire ici. Nous avons transformé la Ferme en petit laboratoire école. Nous réapprenons les vieilles et les nouvelles techniques de transformation des aliments. Nous explorons le potentiel et les limites de nos sols et de notre climat, à travers les succès et les erreurs.

Nous sommes très fiers de notre table, surtout de juillet à décembre alors que nous mangeons surtout de nos produits. Pour le reste, la farine, le sucre, les fruits frais en hiver et certains légumes, nous essayons d’acheter local. Nous appuyons notre épicerie coopérative, nous faisons des échanges avec des voisins.

Nous souhaitons nous appeler paysans, des gens proches de la terre. Nous ne sommes pas des producteurs agricoles au sens de l’UPA, mais nous nous sentons en lien avec tous ceux qui croient en la noblesse des aliments, avec ceux qui produisent et ceux qui transforment. Nous croyons qu’il est primordial de protéger l’agriculture de proximité. Nous avons peur de Monsanto et des OGM, mais aussi du Wal-Mart et du nouveau Costco de Drummondville et d’ailleurs qui mettent en danger notre souveraineté alimentaire. En alimentation comme dans les autres espaces de notre vie nous avons besoin de solidarité et de vision à long terme.

Nous en parlons beaucoup, nous en vivons.

 

< précédente