Photo : Évelyne Beauclair

À Mer et Monde : l’accueil de l’autre
Par Renée Bernard, ex-stagiaire et bénévole à Mer et Monde

Je crois qu’une des grandes forces de Mer et Monde c’est l’accueil de l’autre. Accueillir celui, celle qui porte le désir de vivre « une expérience de solidarité pour un monde de justice », qu’importe d’où il vient et l’âge qu’il a. Et bien que la majorité des stagiaires soient dans la jeune vingtaine, on y retrouve des personnes de tous âges parmi le personnel permanent et les bénévoles. J’ai la chance depuis plus de quatre ans, de continuer de grandir au sein de « la famille intergénérationnelle de Mer et Monde ».

J’y ai fait mon entrée au printemps 2007, en commençant ma formation dans un groupe maison en vue d’un stage au Sénégal. Parmi les douze participants, j’ai réalisé que, à l’âge de soixante-cinq ans, j’étais la plus âgée… À l’exception d’une participante de cinquante ans et une autre de trente-cinq ans, les autres avaient entre vingt et vingt-cinq ans. Oh la, la! J’étais un peu intimidée. Les animatrices, dans la vingtaine, nous mirent à l’aise avec des activités conçues pour que chacun, chacune ait sa place. Après la première fin de semaine de formation, mes craintes s’étaient évanouies. J’écoutais les interventions des jeunes et ceux-ci me donnaient la même écoute. Je revins chez moi dynamisée et, à la fin de la formation, j’étais pleinement « une de la gang ». J’y ai vécu une belle expérience de réciprocité, d’accueil inconditionnel de l’autre.

À Thiès, lieu de mon stage, les responsables de Mer et Monde ont pris soin de me mettre en contact avec des personnes d’âges différents, au travail, dans le choix de la famille hôte et dans les réunions d’équipe. A la garderie, j’assistais Marie-Louise (22 ans) dans sa classe d’enfants de 4 ans et au secrétariat je montrais « des astuces » informatiques à Sœur Marie-Véronique (28 ans). Dans la famille sénégalaise qui m’accueillit deux mois, j’ai beaucoup appris de ces deux adultes et cinq adolescents en partageant leur quotidien (repas, ménage, causeries, activités dans la communauté paroissiale, etc.)! Enfin, ce qui a permis de profiter au maximum de cette aventure, ce furent les réunions d’équipe. Le mercredi, aux deux semaines, je retrouvais les permanents de Mer et Monde et les autres stagiaires sur le terrain, tous plus jeunes que moi bien sûr! J’y ai vécu des moments précieux de partages, de questionnements, d’entraide, et jamais je n’ai éprouvé de malaise à cause de mon âge.

Maintenant âgée de soixante-dix ans, je continue d’être en contact avec des jeunes. Leur dynamisme, leur joie de vivre, leur professionnalisme, leur expérience, leur regard sur la vie me permettent de mieux comprendre le monde d’aujourd’hui. Au 340 St-Augustin, où j’apporte ma contribution régulièrement, j’éprouve le même plaisir. Merci, Michel et Mireille, d’être les artisans de la vie intergénérationnelle à Mer et Monde.

 

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