Photo : Évelyne Beauclair

Élever trois enfants en 2012
Par Vicky Potvin *

Nicolas et moi sommes de simples parents, nous faisons chaque jour de notre mieux, comme tous les parents d’ailleurs, pour préparer nos enfants à la vie en société. En matière d’éducation, il n’y a pas de recette éprouvée, sinon, cela se saurait. Ceci étant dit, nous avons tout de même accepté le défi de mettre par écrit ce qui a guidé nos choix pour donner ce que nous considérons être « le meilleur » pour notre Laurence (4 ans), notre Grégoire (2 ans) et notre Éléonore (10 mois).

Partant du principe que ce qui importe le plus n’est pas ce que les parents disent, mais bien ce qu’ils font, nous tâchons de vivre les valeurs que nous aimerions voir adoptées par nos petits. Une première valeur, universelle, serait l’amour : entre les parents et les enfants, mais aussi entre les parents. Nous nous imaginons que les combler d’amour les rendra capables de combler d’amour leurs prochains. Un second principe serait le respect : celui des individus, de l’environnement, de ce qui est différent. Un troisième principe pourrait être celui de l’espoir : l’espoir de voir les choses changer pour le mieux, l’espoir que les efforts vont porter fruit ou encore l’espoir que les rêves peuvent se réaliser. Nous essayons, au quotidien, de poser des gestes qui témoignent de ces valeurs, même si parfois, c’est la course et que les impératifs prennent le dessus.

Pour nous, élever des enfants implique aussi de choisir un milieu de vie. Avant l’arrivée du troisième bébé, nous avons décidé de déménager dans un endroit qui correspondait davantage à notre idéal, à notre vécu. Quelle option privilégier? Il nous a semblé évident que les grands-parents, « combleurs » d’amour par excellence, auraient tout avantage à faire parti du quotidien des enfants. Nous avons aussi fait le constat qu’il était important pour nous que nos enfants grandissent à proximité de la nature. Nous souhaitions qu’ils jouent dehors, plusieurs heures par jour, peu importe la saison. Enfin, nous souhaitions qu’ils restent à la maison pour leurs premières années de vie. La solution privilégiée a été de retourner vivre au Lac-Saint-Jean, notre région natale, pour une durée indéterminée.

Ce choix s’est fait il y a plus d’un an et demi maintenant et nous en sommes heureux. Les enfants sont fous des grands-parents (au point où ils ne veulent pas revenir à la maison après un séjour chez eux) et vice-versa. Nous vivons une relation de proximité, tout en ayant la sagesse de ne pas nous envahir. Nous avons la joie de connaître à nouveau une certaine forme de cohabitation avec nos parents, mais avec une redistribution des rôles, ce qui est fort intéressant. Maintenant que nous savons ce que c’est que d’être parents, nous comprenons mieux la joie que peuvent mettre des petits-enfants dans la vie des grands-parents, sans compter les services que nous pouvons nous rendre. C’est comme si c’était dans l’ordre des choses que de vivre ici. Sans parler des sites naturels extraordinaires et des possibilités infinies de sorties en nature (raquette, ski, glissade, pêche, canot, randonnées, pique-niques, chasse, plage, vélo, etc.).

Tenter de comprendre le monde dans lequel nous évoluons, penser globalement en agissant localement, pratiquer la simplicité volontaire et entretenir des relations harmonieuses, voilà en résumé ce qui, chaque jour, guide nos choix. L’éducation de nos enfants n’est pas une fin, mais un moyen. En ce sens, nous espérons qu’ils seront porteurs de changements.

* Vicky Potvin et Nicolas Gagnon sont ex-stagiaires de Mer et Monde.

 

L’équilibre à la Ferme
Par Martin Couture, responsable de la Ferme Berthe Rousseau

La vie de la Ferme est le résultat de la rencontre de gens très différents les uns des autres. C’est une force mais aussi un défi quotidien. On ne contrôle pas toujours l’équilibre nécessaire. La Ferme attire surtout des gars entre 20 et 35 ans, mais on essaie d’avoir quelques femmes et aussi au moins une personne plus âgée dans la maison.

L’adaptation des moins jeunes à la vie communautaire est plus difficile, mais on profite beaucoup de leur expérience de vie, de la perspective qu’ils sont capables d’avoir face aux problèmes des plus jeunes. Les plus vieux ont aussi la capacité d’accomplir des tâches qui demandent de la patience, ce qui est précieux sur une ferme.


Actuellement, la maisonnée est composée de personnes âgées de 7 mois à 56 ans, des hommes et des femmes. Nous avons donc des échos de ce qui se vit dans les écoles secondaires, chez les jeunes en recherche d’emploi, à l’église. La réalité des jeunes parents fait partie de notre quotidien, comme celle des gens qui pensent à la retraite.

Nous ne croyons pas au confinement des personnes selon leur situation de vie ni à celui des générations. Nous croyons aux rencontres, même si ce n’est pas facile, même si ça ébranle. Laissons-nous déranger les uns les autres.

 

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