Écrire sur la vie intérieure!
Quel sujet vaste et ambitieux!

Par Mireille Chilloux, coordonatrice de Mer et Monde

Comme ex-animatrice de pastorale et animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire, accompagner des jeunes du secondaire dans leur recherche du sens à donner à leur vie a fait partie de mes préoccupations professionnelles pendant plus de trente ans! Mais avant d’avoir ce souci professionnel, j’ai moi-même comme enfant, comme adolescente, comme femme développé ma vie intérieure.

Comme enfant faisant partie d’une famille nombreuse, j’ai appris rapidement les valeurs de partage au quotidien et le sens de la justice. Mes parents, sans être des pratiquants réguliers, s’inspiraient des valeurs chrétiennes pour nous transmettre leurs valeurs et ont choisi pour nous une éducation chrétienne. Mais sans aucun doute, la personne la plus influente dans ma vie spirituelle a été ma grand-mère maternelle. Proche de la nature, sensible au silence, elle m’a initiée à la contemplation, à la méditation Elle m’a permis de vivre mes premières expériences de prière très jeune et d’une manière non traditionnelle à l’écoute de la vie et de l’intuition du moment. J’ai souvenir de l’importance et du plaisir que j’avais de découvrir la naissance d’une fleur, d’écouter le vent, d’observer la vie des insectes, la diversité des arbres débordants de fruits et de fleurs tout en chantant des chants religieux, en pleine nature ce qui représentait une autre manière de prier. Ma grand-mère m’a transmis sa capacité d’émerveillement devant tous les éléments de la vie. . En me répétant souvent « ce que tu fais au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que tu le fais », elle m’initiait à réfléchir sur mes comportements et à me laisser guider par la Parole De Dieu.

Comme adolescente mes parents m’ont offert de vivre l’expérience du scoutisme, qui reprenait les valeurs familiales et de vivre en proximité avec la nature. Travailler en équipe, s’engager, se questionner sur l’engagement face aux autres à chaque jour, voilà les balises de mon expérience spirituelle adolescente. Aussi la JEC (jeunesse étudiante chrétienne) m’a permis de côtoyer un prêtre-ouvrier qui a ouvert la porte à mes questionnements adolescents et mon souci d’un monde plus juste et solidaire. La méthode jéciste m’a accompagnée toute ma vie dans la pédagogie du VOIR, JUGER, AGIR. J’ai pu exprimer mon questionnement face à la hiérarchie de l’Église qui me dérangeait et cet accompagnement m’a aidé à déboucher sur des engagements qui ont fait du sens. Tout ce processus m’a rapproché du Dieu de Jésus Christ plus humain, plus proche des gens. De là pris naissance mon besoin de rassemblement en communauté.

Comme adulte, malgré une formation de comptable, ma recherche d’humanité m’a guidé vers l’éducation et en particulier l’animation pastorale. Un retour aux études en théologie et en animation ainsi que mes lectures m’ont permis de clarifier ma foi et mes objectifs professionnels.

Accompagner les jeunes dans leur quête de bonheur, leur faire découvrir leurs sources d’espérance, et leur faire vivre des expériences de groupe signifiantes se voulaient des priorités pour moi comme animatrice. Cette présence au quotidien avec des adolescents m’a incité à demeurer moi-même en marche et en recherche d’un équilibre personnel. Mon expérience en éducation m’a fait grandir au contact des jeunes. Pour compléter cette quête, une recherche aussi en couple et avec un groupe de partage de foi est devenue prioritaire dans ma vie. Un souci de transmettre à mes enfants et à mon petit-fils aujourd’hui les valeurs reçues a habité ma vie.

J’ai actualisé ma foi. J’ai recherché la vérité qui rend libre en me donnant des temps de silence, de lectures, de méditation et de rencontres en communion avec d’autres personnes qui m’ont permis d’enrichir mes réflexions.

Ma vie intérieure m’a aidé à discerner mes racines profondes, mes valeurs fondamentales, ma foi en un monde meilleur, mon sens de l’Autre, l’ouverture à la différence et l’ouverture sur le monde.

Comme femme, au-delà de la question religieuse, ma vie intérieure me permet de donner sens à ma vie de couple, avec mes enfants, mon petit-fils, et dans mon travail au quotidien.

Je suis consciente que mon besoin de me retrouver, d’écouter la vie, de prendre le temps de méditer, de prier, de contempler, de partager me permet de nourrir mon intériorité. C’est dans ces moments privilégiés que je ressens la grandeur et la beauté de la vie. Je me permets alors d’écouter et de ressentir ce qui vibre en moi et en la parole de l’Autre, que ma foi me permet de nommer Dieu. Ma foi dans un monde meilleur, les valeurs évangéliques de Jésus Christ, l’éducation et l’héritage de mes parents me permettent de continuer ma mission aujourd’hui. Mer et Monde m’anime et les valeurs véhiculées enrichissent ma vie intérieure, ma spiritualité. Je crois dans la philosophie du « Être Avec ».

Celui que je nomme Dieu Père me donne l’élan de croire que nous changeons le monde un cœur à la fois. Croire en la vie, à l’impossible, en un monde meilleur, et voir le grand et le beau en chaque personne rencontrée.

Merci à toutes les personnes placées sur ma route par Dieu qui m’ont permis de grandir et qui me donnent le goût à mon tour d’être témoin et source d’espérance pour ceux et celles que je croise.

 

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