En route vers le changement…
Par Roxanne Lorrain, formatrice à Mer et Monde 2008-2011,
stagiaire QSF universel 2008 au Honduras et stagiaire scolaire 2007 au Sénégal

Reconnaître que quelque chose nous a transformé, changé et que cette même chose nous a permis d’évoluer est rarement facile. Le plus complexe dans un tel processus est sans doute de pouvoir décrire et expliquer notre transformation tout de suite après un évènement ou une expérience marquante. Je dois dire que plus de cinq ans se sont écoulés depuis ma première expérience de stage avec Mer et Monde et que, malgré les années qui ont passé, il ne m’est toujours pas facile de décrire comment cette aventure m’a permis d’évoluer. Pourtant je sais et je sens qu’intérieurement, ce que j’ai vécu en formation, en groupe, en stage au Sénégal et au Honduras, au retour et individuellement, m’a marquée et changée à jamais.

Écrire un article sur l’engagement social a été un plus grand défi que je l’aurais imaginé. Si aujourd’hui, je me considère comme une personne engagée socialement, ce n’est pas seulement grâce à mes stages, mais ceux-ci m’ont permis de me découvrir et de découvrir des «mondes» différent du mien. La vie aurait pu m’amener à vivre des aventures différentes de celles de la solidarité internationale, mais aller au Sénégal et au Honduras m’aura fait vivre un déclic incroyable et rapide qui m’a propulsée sur la route de l’engagement. Ce déclic m’a permis de m’ouvrir sur le monde, d’être curieuse, informée, de connaître et d’apprendre sur divers enjeux et surtout de m’indigner contre la violence, le capitalisme, l’autorité abusive, les injustices humaines, la surconsommation, et bien plus.

Lorsque mon aventure avec Mer et Monde a débuté, c’est pour moi un immense univers de découvertes, sur l’autre, le monde, mais avant tout sur moi-même, qui s’est ouvert. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis précipitée dans cette aventure qui a été l’amorce et surtout l’ancrage de mes valeurs et aspirations… Les stages et la préparation demandèrent énormément de travail, d’implication et de persévérance pour arriver à bâtir et à vivre cette expérience. Je continue à croire et à agir de la même façon, en donnant le meilleur de moi-même et en me surpassant dans tout ce que j’accomplis dans ma vie en étant proche de mes passions et de mes combats. Mon passage à Mer et Monde, au Sénégal, au Honduras et à Montréal, m’aura surtout permis d’apprendre à me connaître moi-même. Ce qui m’insurgea en formation, puis sur le terrain, et au retour, continue de me révolter aujourd’hui. Que ce soit par exemple la politique, l’autorité ou les droits de la personne, tous les thèmes qui me préoccupèrent depuis mon passage à Mer et Monde continuent de m’interpeller. Que ce soit à travers le militantisme étudiant ou, comme nouvelle jeune maman, au sein du conseil d’administration du Groupe MAMAN (mouvement pour l’autonomie dans la maternité et l’accouchement naturel), mon engagement sociale suit les différentes étapes de ma vie. Mes deux stages m’auront aussi permis d’aller à la découverte de l’autre et il s’agit encore aujourd’hui d’un élément central dans ma vie. C’est ainsi que, à comprendre qui je suis, ce que je veux, comment et pourquoi je veux agir dans ma société, je me suis engagée autour de moi et dans ce qui me tient à cœur.

Toutefois, comme on ne revient jamais totalement d’une expérience comme celle-là, il me reste toute ma vie pour découvrir qui je suis… Repenser au Sénégal, au Honduras et à tous ces engagements que j’avais pris envers moi-même, me permet de réactualiser mes apprentissages, mes valeurs et mes convictions. Surtout, il me reste toute une vie pour construire une société à mon image, une société basée sur la justice, l’égalité, où l’être humain est maître de lui-même et où l’individu n’est pas contraint socialement par l’État et par un système économique.

 

< précédente