Quand Dame Nature fait déborder le vase…
par Bocary Diallo, dit Pape Diallo,
Secrétaire général de l’Association des Handicapés Moteurs du Sénégal
Sous-section Guédiawaye, Banlieue de Dakar

Le Sénégal, à l’image des autres pays du continent africain, se transforme pour devenir, à un rythme sans cesse croissant, un pays urbanisé. Ce processus entraîne de profondes mutations dans les façons de vivre des populations, notamment à cause des conditions de vie auxquelles elles doivent faire face.

Cependant, cette urbanisation ne se fait pas sans conséquence. Des changements profonds, complexes et significatifs se sont déjà produits. Ces transformations, qui se traduisent sous la forme d’une crise généralisée, sont ressenties dans de nombreux quartiers bidonvilles (quartiers non divisés en lots) et de nombreux villages. Ils en sont d’ailleurs les premières victimes.

Malheureusement, la saison des pluies, s’étendant maintenant de juin à septembre, amène une quantité considérable de précipitations. Les infrastructures actuelles ne peuvent supporter cet apport d’eau subit, ce qui force, année après année, des populations entières à habiter dans les eaux pendant plusieurs semaines.

Ce phénomène a des conséquences négatives pour les populations sinistrées. L’eau stagnante accumule les ordures et les bactéries, favorisant du même coup la prolifération des moustiques. Des milliers d’individus vivent alors dans un environnement plus que malsain. Ces conditions de vie déplorables favorisent le développement de plusieurs types de maladies qui attaquent ces sinistrés. La majeure partie des victimes sont des enfants, qui sont, entre autres, atteints de paludisme, de tuberculose, de choléra, de maladies diarrhéiques.

On assiste également à une quasie inexistence d’infrastructures sanitaires dans ces zones, ce qui entraine souvent des cas de mortalité dans les groupes les plus vulnérables, à savoir les enfants et les femmes enceintes.

Malgré tous les efforts déployés par plusieurs organisations, les individus vivant dans certaines banlieues et dans certaines villes sont encore confrontés à évoluer dans cette insalubrité saisonnière. Les autorités ne sont toujours pas en mesure de venir au secours de ces derniers en leur trouvant d’autres sites où habiter, par exemple.

De manière générale, on constate que la faiblesse de la coproduction des différents acteurs (collectivités locales, État, secteur privé, société civile, partenaires techniques et financiers, etc.) fait que cette situation reste toujours inchangée. Et en cette fin d’année, il ne nous reste plus que quelques mois avant que Dame Nature ne se déchaîne à nouveau…

 

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