La santé publique au Honduras et les services de première ligne
par Dr. Allan Perez1 (traduction : Francine Nadal)

Au cours des dernières années, le système de santé publique au Honduras a mis en évidence que les politiques et les stratégies de santé implantées pour la prévention et le contrôle de la mortalité qui s’abat sur la population hondurienne ont été insuffisantes. Cela se reflète avec une grande intensité au niveau des soins de première ligne en santé publique formée par le réseau des unités de santé appelées « CESAMO » (où travaillent un médecin et une infirmière auxiliaire) et « CESARES » (où ne travaille qu’une infirmière auxiliaire), dans toutes les municipalités et tous les départements du Honduras.

L’incidence des maladies infectieuses aigües et chroniques a augmenté au point de développer des épidémies. La capacité d’y réagir est insuffisante compte tenu de la combinaison de différents facteurs qui sont caractéristiques aux pays sous-développés ou « en voie de développement » comme c’est le cas du Honduras.

  • Le réseau des unités de santé qui se retrouve en grande majorité dans les zones rurales et éloignées n’a pas les services de base tels que l’eau potable et l’électricité.
  • Il manque l’équipement médical et le matériel nécessaire pour des soins adéquats à l’usager.
  • L’approvisionnement de médicaments ne satisfait pas la demande en quantité, qualité et variété.
  • À cause d’un manque de budget, plusieurs unités de santé sont tenues par des médecins et des infirmières en service social qui, lorsqu’ils terminent leur pratique, doivent fermer l’unité de santé jusqu’à l’arrivée d’une autre ressource.
  • En plus des difficultés inhérentes au système, d’autres facteurs entraînent maladie ou mortalité tels que : faible niveau de scolarité, faible revenu per capita, chômage, logements insalubres, manque de services de base telles l’électricité, l’eau potable, les installations sanitaires. Ajoutons à cela, le mauvais état des routes qui rend difficile l’accès aux unités de santé et aux hôpitaux.

La combinaison de tous ces facteurs fait que la pauvreté et la maladie forment une barrière difficile à vaincre et le système des soins de première ligne en santé publique au Honduras est incapable d’aider efficacement le peuple hondurien.


1 Docteur Allan Perez travaille à Langue depuis déjà quelques années. Langue est une ville dans la région de Valle, là où le groupe de QSF spécialisé a réalisé son stage cet été.

 

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